Lachine

Au-delà de la mise en pli

Si les tendances capillaires ont grandement évolué au fil du temps, la passion pour la coiffure demeure la même pour les propriétaires du salon Le Mistral, qui a pignon sur rue à Dorval depuis 30 ans.

À l’époque où les cheveux crêpés étaient toujours à la mode, Suzanne Boyer et Sylvie Poirier, alors âgées dans la vingtaine, ont choisi d’ouvrir leur salon de coiffure où elles ont grandi.

Les deux petites cousines, qui se complètent tant par leurs personnalités opposées que par leur passion commune, ont développé une amitié indéniable. «La confiance, c’est la clé», remarque Sylvie Poirier.

Cette complicité se ressent non seulement avec le personnel du salon, mais aussi avec les clients. «Juste avec mon expression, Sylvie sait quand j’ai besoin d’un changement», observe Anne-Marie Spinelli, une cliente depuis le début.

«On est quatre générations à se faire coiffer ici. Ma mère y venait et maintenant, mes filles et mes petits-fils aussi. Ils y ont d’ailleurs eu leur première coupe», fait savoir la femme de 66 ans, qui se fait toujours complimenter sur sa crinière rousse dès qu’elle entre quelque part.

«C’est comme une famille. On peut parler de nos peines ou de nos joies et jamais on ne se sent jugés», ajoute-t-elle.

Afin de redonner à la communauté, Le Mistral organise par ailleurs des événements au profit de différentes causes.

Le temps qui passe
L’histoire du Mistral est d’abord née d’un coup de cœur. En prenant une marche dans leur quartier, les jeunes femmes sont tombées sous le charme du local à louer, qui abritait auparavant un magasin de laine.

«Le 545 chemin Bord-du-Lac a vu naître et grandir Le Mistral, le 2 juin 1986», se remémore avec beaucoup d’émotions Suzanne Boyer.

C’est dans ce même endroit que les coiffeuses ont été témoins de l’évolution des look, mais surtout, qu’elles ont vu grandir leurs clients.

«Les conversations ont changé au fil des années. Il y a 30 ans, on était jeunes. C’était les enfants, les grandes passions et les mariages. Maintenant, c’est la retraite, les voyages, les petits-enfants et la maladie», observe Johanne Hansen, à l’emploi du Mistral depuis plusieurs années.

Pour Mme Boyer, la coiffure peut en révéler beaucoup sur la personne. «On peut trouver l’identité d’un malfaiteur avec un seul cheveu. Il y a une histoire qui s’y rattache. C’est fascinant, indique-t-elle. Au-delà de la coupe, il y a l’Humain.»

Les cheveux sont, au-delà de la coiffure, le reflet de ce que nous sommes.

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