LaSalle
17:33 30 avril 2018 | mise à jour le: 30 avril 2018 à 17:33 Temps de lecture: 4 minutes

Apprentis compositeurs

Apprentis compositeurs
Photo: Photo : TC Media - Pascaline David

Depuis plusieurs semaines, des élèves de l’école primaire Henri-Forest se sont lancés dans un projet musical d’envergure, la création d’une œuvre orchestrale. Guidés par un compositeur professionnel, ils apprennent la composition étape par étape, dans les règles de l’art.

«Si vous voulez que votre musique évoque la douceur, quel instrument devrait-on ajouter au morceau?», demande le compositeur, Olivier Gagnon, à sa classe attentive.
C’est en dialoguant de cette manière avec cinq groupes d’élèves que M. Gagnon et leur enseignant René Goulet ont abordé les différents groupes d’instruments orchestraux, les termes techniques et la structure d’une pièce musicale.

«Pour que toute cette théorie leur parle, il a fallu la relier à des données affectives, indique le compositeur. Par exemple, un rythme plus rapide est plus propice à générer de la joie, tandis qu’une mélodie plus douce est associé à la tristesse ou la tendresse.»

Les jeunes ont ainsi été introduits à la culture classique et contemporaine. «Ils ont appris à connaître les grands compositeurs et ont écouté des pièces comme le Sacre du printemps, l’une des œuvres contemporaines les plus importantes du 20e siècle.»

Cheminement
L’enseignant en musique à l’école Henri-Forest ainsi qu’à Terre-des-Jeunes, René Goulet, souhaitait aller plus loin dans la démarche créative de ses élèves. «Nous travaillions toujours sur des chansons assez simplistes du répertoire populaire», indique-t-il.

Il a alors fait appel à l’expertise de M. Gagnon, ancien camarade de secondaire et d’université, pour les guider dans un processus plus complexe.

«Au début, je leur ai fait faire des petits exercices sur le xylophone. Ils exploraient, sans trop savoir où tout cela s’en allait», explique le compositeur.

Au fil des ateliers, les enfants ont été capables d’inventer leurs propres motifs, c’est-à-dire des fragments musicaux se répétant régulièrement au sein d’une œuvre. Ces fragments ont ensuite été utilisés par M. Gagnon pour réaliser des mélodies propres à chaque groupe.

«Mon défi en tant que compositeur était de partir de ces thèmes faits par des groupes qui ne se parlent pas et de créer une pièce qui se tient», dévoile M. Gagnon qui a passé d’innombrables heures à faire dialoguer les différentes sections ainsi qu’à mettre en forme les transitions sur son logiciel, pour réaliser une pièce complexe de sept minutes.

M. Gagnon en programmera bientôt la version finale, alors que les enfants sont encore dans le processus de choisir quels instruments d’orchestre cohabitent le plus harmonieusement.

Travail collectif
Pour M. Goulet, ce projet mis sur pied dans le cadre du programme «Culture à l’école», du ministère de l’Éducation de et l’enseignement supérieur (MÉES), a notamment appris la persévérance et l’esprit d’équipe aux enfants.

«Chacun a eu le droit de donner son opinion sur quel instrument devrait être utilisé pour l’accompagnement, l’harmonie ou le contre-chant», indique René Goulet, qui a été impressionné par l’enthousiasme et la motivation des jeunes, tout au long du cheminement.

Selon M. Gagnon, il existe également un besoin criant de vulgariser la musique classique et contemporaine. «À cet âge, ils sont encore très ouverts d’esprit et malléables dans leur apprentissage», dit-il.

Qui sait, des vocations naîtront peut-être chez les musiciens en herbe, après cette aventure musicale hors du commun.

Terre-des-Jeunes
Un projet connexe, également dans le cadre du programme «Culture à l’école», a été tenu parallèlement avec des élèves de l’école Terre-des-Jeunes.

Ils ont appris l’art de la composition musicale de la même manière, mais dans un but tout à fait différent, puisqu’ils avaient pour mission de créer un hymne pour leur école.

Cette chanson, qui comprend aussi des paroles, sera présentée le 2 mai.

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