Plus de 18 500 tonnes de bois sont récupérées par année dans les écocentres de Montréal, dont celui de LaSalle, permettant d’éviter l’enfouissement. Toutefois, cette activité demeure de moins en moins rentable pour les centres de tri.
Récemment, la Ville a accordé un contrat de 781 744$ au Centre de tri Mélimax qui réceptionne le bois préalablement livré à l’écocentre LaSalle, avant de le trier, broyer et transporter vers des entreprises où il pourra être valorisé.
«Nous envoyons les copeaux à l’usine de pâtes et papiers Kruger, à Brompton, qui génère de l’électricité ensuite revendue à Hydro Québec», explique le directeur général de Mélimax, Thierry Deruelle.
Ce processus, appelé la cogénération à la biomasse, consiste à produire simultanément de l’électricité et de la chaleur pour alimenter une turbine à vapeur, créant ainsi de l’énergie. Il permet notamment une réduction importante des émissions de gaz à effet de serre.
L’industrie des pâtes et papiers demeure le plus grand utilisateur industriel de bioénergie au Canada, selon des données de Ressources naturelles Canada.
Pas payant
Toutefois, cette valorisation n’est désormais plus payante pour les centres de tri. «Le marché du bois s’est effondré il y a quelques années, ça ne vaut plus rien du tout», explique Thierry Deruelle.
La plupart ne trouvant plus de débouchés pour leurs copeaux de bois doivent ainsi diversifier leurs contrats et augmenter les coûts de traitement en amont pour dégager des marges.
Mélimax ainsi que de nombreux autres centres québécois doivent parallèlement gérer la chute des prix du plastique et le manque d’acheteurs, après que la Chine, où étaient envoyées 60% des matières récupérées du Québec, ait imposé des restrictions.
«Le problème, c’est la qualité du recyclage, on reçoit beaucoup trop de choses qu’on ne peut pas utiliser, estime M. Deruelle. Si cela continue, on devra accepter de vivre dans un monde où l’enfouissement sera de plus en plus important.»
Cette crise du recyclage est actuellement dans la mire du ministère de l’Environnement et de la Société québécoise de récupération et de recyclage Recyc-Québec qui souhaitent trouver des solutions. Éduquer davantage les citoyens aux bons réflexes pourrait en faire partie.
La ministre de l’Environnement, Isabelle Melançon, a récemment annoncé la mise sur pied d’un comité de modernisation de l’industrie de la récupération et du recyclage qui aura pour mandat de revoir les fondements mêmes du système actuel.
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5600
Le nombre de tonnes de bois récupérées à l’écocentre de LaSalle, par année. |
