Selon Pierre Dupuis, directeur Affaires publiques et Greffe à l’arrondissement de LaSalle, «dix phases étaient prévues. L’ancien promoteur a fait les 200 maisons de ville et les condos superposés prévus dans les phases 1 à 5, mais sans jamais faire l’avenue Bois-des-Caryers et la rue Rosaire-Gendron. Et tout s’est arrêté. Le nouveau promoteur a acheté une partie des terrains, qui constitue les phases 6, 7, 8 et 9, pour construire quatre immeubles en copropriétés, comme prévu dans le plan d’aménagement».
Jardins Urbania
Le nouveau promoteur, Arian Azarbar, de la compagnie Structan, qui a une usine de fabrication de matériaux de construction à Pointe-Claire, travaille en partenariat avec Catalogna & Frères et Lambda Construction.
M. Azarbar et son associé Mehrdad Amiri planifient la construction de quatre tours de 105 unités, en utilisant la technologie produite par leur usine Structan. Le projet est baptisé Jardins Utopia.
«Nous avons fait des travaux pour l’ancien promoteur et on n’a jamais été payés. On a eu une très mauvaise expérience avec lui. Présentement, le marché du condo n’est pas bon. Si l’emplacement n’est pas bon, ça ne marche pas. Pour nous, cet emplacement, près du parc Angrignon et de la station de métro, est incroyable», explique M. Azarbar.
«La raison pour laquelle on peut arriver à faire un projet aussi haut de gamme, avec plafonds de neuf pieds, piscines intérieure et extérieure, salle de cinéma et finition intérieure incroyable, c’est qu’on fabrique les matériaux nous-mêmes», ajoute le promoteur.
Globalement, on parle d’un investissement de 80 M$, incluant les tours et les réparations de rues. «La première bâtisse sera terminée en 2015 et l’ensemble devrait être complété d’ici deux ans et demi. J’ai un investisseur de Toronto qui veut acheter une bâtisse au complet», précise M. Azarbar.
Travaux complétés avant l’hiver
Pourquoi le nouveau promoteur complète les travaux d’infrastructure abandonnés? Pierre Dupuis explique que «sur le terrain qu’ils ont acquis, des quatre côtés, il n’y a pas de rue. Sur trois côtés, ce serait la rue Bois-des-Caryers, qui ferait un U au fond, pour revenir le long du boisé pour finir contre la rue Léger. Le quatrième côté, c’est la rue Rosaire-Gendron. Il veut tellement des rues complétées avant l’hiver qu’il travaille de lui-même. Tout ce qu’il fait jusqu’à maintenant, c’est de son plein gré, mais sous la supervision de la Ville. Il n’a aucune obligation de faire ces travaux et il en assume les coûts». Selon Arian Azarbar, la plupart des propriétaires actuels du secteur abandonné pour l’ex-promoteur, dont Loren Gray et Tammy Smith, «comprennent bien l’histoire et savent qu’on est là pour les aider. On ne voulait pas que 200 familles se retrouvent sans électricité pour l’hiver».
Démarche juridique
Une autre facette du dossier fait l’objet d’une bagarre légale, puisqu’une centaine de propriétaires tentaient de récupérer leurs dépôts. Un processus long et ardu.
Arian Azarbar affirme avoir développé une stratégie pour aller récupérer les dépôts des gens et croit être en mesure de le faire. «Nous croyons qu’on va finir par avoir les dépôts, mais c’est une longue procédure légale. On espère que ce sera réglé à la satisfaction de tous».