Le Plateau-Mont-Royal

Les fours à bagels dérangent toujours

La production industrielle des boulangeries de bagels du Mile End nuirait à la santé publique

Près de 20 ans après la première plainte à la Ville de Montréal concernant des fours à bois commerciaux des boulangeries de bagels Saint-Viateur et Fairmount dans le Mile End, des résidents voisins interpellent encore la mairie en demandant leur interdiction, invoquant la santé publique.

Un groupe de citoyens s’est rendu lundi dernier au conseil municipal afin de demander à la Ville d’appliquer le Règlement municipal sur l’assainissement de l’air et d’empêcher que de la fumée toxique continue à se répandre dans les airs.

«On ne comprend pas pourquoi la ville impose ce règlement pour les foyers domestiques, mais pas pour les fours à bois commerciaux, c’est un deux poids deux mesures. Ce sont des centaines de familles qui sont concernées par ces rejets de particules toxiques dans l’air», lance François Grenier, résident voisin depuis 25 ans du Fairmount Bagel, qui a posé sa première plainte il y a maintenant 20 ans, et a continué sa lutte depuis.

Il se dit déçu de la Ville de Montréal qui n’a pas de solution à court terme.

Réal Ménard, responsable de l’environnement pour la Ville de Montréal, a annoncé lors du conseil de ville que le dossier était suivi de près depuis plusieurs années et que les restaurateurs mettaient en place des démarches.

En effet, depuis 2014, quatre filtres qui interceptent les particules émises par la fumée ont été installés sur la cheminée du Bagel Fairmount. Mais suite aux dernières campagnes d’échantillonnages réalisées l’an passé, le dernier mis en place émettrait toujours des émissions qui ne répondent pas aux normes actuelles de 100 mg/Rm3 de particules, selon François Grenier.

«Il y a une trop grande production pour ce genre d’installation, on ne parle plus de magasin de quartier à présent, on parle de production industrielle dans un des quartiers les plus denses de Montréal» –
François Grenier, voisin de Fairmount Bagel.

«On ne souhaite pas que les boulangeries ferment, mais qu’elles utilisent une nouvelle technologie ou qu’elles produisent dans un secteur industriel, pas en plein cœur de la ville», ajoute-t-il.

Santé publique

Fumée du filtre de la cheminée du Fairmount Bagel

Asthme, toux, présence de suie sur les voitures et les meubles à l’intérieur des appartements: les résidents voisins des boulangeries doivent vivre les fenêtres fermées toute l’année.

«Cela fait trop d’années que l’on nous dit d’attendre et que l’on continue de respirer cette fumée, se plaint Dominique Charbonneau, voisine du Fairmount Bagel. On a souvent cru qu’une solution serait trouvée, mais maintenant c’est plus possible, on vit encabané à côté d’une industrie qui produit toute la journée, tous les jours de l’année, c’est un vrai problème de santé publique.»

Richard Ryan, conseiller de ville dans le district du Mile End, pense que le Service de l’environnement et le Service de développement économique devraient travailler ensemble afin d’accompagner ces entreprises et les aider à trouver une solution.

«Personne ne veut voir disparaître les bagels du Mile End, cela fait partie de l’identité de la ville, mais en même temps on ne peut pas laisser s’évaporer dans l’air des rejets industriels de la sorte. Ceci a des conséquences terribles pour les appartements voisins, mais touche aussi un environnement plus large», commente-t-il.

«Je comprends que c’est compliqué de trouver une solution, mais en attendant on respire toujours cette fumée, qui fait maintenant partie du quartier,», assure Sarah Gilbert, voisine du Bagel Saint-Viateur depuis 20 ans et qui a déposé sa première plainte à la mairie en 2007.

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