« Il y a un an, je travaillais sur le projet de la Petite fille aux allumettes sur la rue Waverly, et ça avait fait fureur », explique avec enthousiasme Patsy Van Roost. Celle qui s’est fait connaître par ses projets artistiques rassembleurs a eu envie de poursuivre dans la lignée de l’art partage. Ces 4 derniers projets étaient associés à des fêtes : Noël, la Saint-Valentin, la Fête des Pères et celle des Mères; c’est au tour du jour du Souvenir de l’inspirer.
À l’heure qu’il est, des centaines de petites affiches jaunes, sur lesquelles sont inscrits à la main des souvenirs de résidents du Plateau, sont épinglées dans autant de lieux différents. Au fil des 5 dernières semaines, l’artiste a éparpillé 15 boîtes accompagnées de piles de fiches jaunes où les gens étaient invités à inscrire une histoire qu’ils ont vécue avec le lieu où elle s’est déroulée. « C’est l’importance du lieu que je voulais faire ressortir, comment un lieu peut-il nous marquer? Je crée toujours des projets participatifs où le public est constamment appelé à collaborer », rapporte Mme Van Roost.
Des histoires touchantes et d’autres plus lourdes
Patsy Van Roost est heureuse que son projet ait provoqué une si grande vague de participation citoyenne. Pour elle, c’est le bouche à oreille qui est le principal responsable quant à cette grande réussite.
L’artiste déduit que c’est un monsieur âgé qui a écrit le souvenir qui s’est passé au parc La Fontaine alors qu’il n’avait que 9 ans à l’époque. Étant jeune garçon, il avait rencontré une petite fille à qui il avait demandé le nom. Elle s’appelait Constance. Évidemment, il n’avait pas de crayon ni aucun autre moyen pour noter son numéro de téléphone. Il ne l’a jamais revu et maintenant, chaque fois qu’il passe devant le parc, il pense à elle.
Une autre histoire raconte l’histoire d’un homme ayant été renié par ses trois garçons alors qu’il a changé de sexe pour devenir une femme. Le souvenir est affiché non loin de leur ancienne maison. « C’est un souvenir lourd et très porteur », s’émeut Patsy Van Roost.
Selon la créatrice, les citoyens du Plateau sont très excités par le projet. Le 11 novembre, jour où étaient installés les cartons jaunes, plusieurs personnes l’ont joint pour lui demander des nouvelles de leurs souvenirs.
« C’est l’arrondissement qui est venu me chercher en me demandant d’inventer un projet artistique pour l’Halloween. Mais quand l’idée des souvenirs est apparue, je n’ai pu la laisser tomber et je suis plutôt partie dans cette direction », relate l’artiste de rue. C’est l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal qui a financé ce projet.