Le Plateau-Mont-Royal

Ceci n’est pas un « Comic Con »

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
« Paul » sera au parc … La Fontaine, du 1er au 3 juin, à l’occasion du premier Festival BD de Montréal. Amateurs de bandes dessinées, rangez vos costumes de superhéros, car ceci n’est pas un Comic Con (comic convention)!

L’homme derrière cet événement s’appelle François Mayeux. Libraire depuis 30 ans, il est passionné par l’univers de la bande dessinée, qui, selon lui, demeure méconnu malgré l’engouement des dernières années. Alors que pour certains, elle se limite encore à Tintin, Astérix et Spirou, de plus en plus de gens connaissent l’œuvre des auteurs tels que Michel Rabagliati (auteur de la collection Paul) ainsi que du duo Delaf et Dubuc, à l’origine du succès Les nombrils.

« Depuis quelques années, on remarque que la BD a pris de plus en plus de place, il y a davantage de gens qui en font et qui en consomment. Les médias aussi en parlent plus et mieux. C’est quand même étonnant qu’il n’y ait toujours pas de festival qui y soit dédié à Montréal, alors qu’on en retrouve un à Québec et un autre à Gatineau », souligne M. Mayeux.

Cette situation s’explique par le fait que la BD est toujours traitée comme une thématique dans les salons du livre et les festivals, et non comme un événement en soi, croit-il.

« Pendant longtemps, la bande dessinée a été associée à la littérature jeunesse et au monde du dessin animé. Or, elle s’adresse majoritairement aux adultes. Quand on va au club vidéo, il y a une section jeunesse, mais aussi une section horreur, action, drame et histoire. C’est la même chose pour la BD », fait valoir celui qui opère un magasin de bandes dessinées depuis maintenant quatre ans sur la rue Saint-Denis.

Même si le neuvième art est de plus en plus respecté et valorisé, certains préjugés perdurent. Il souhaite faire la distinction entre la bande dessinée et le milieu des super héros.

« Quand j’ai commencé à exercer mon métier, l’amateur de BD, c’était un paresseux, un pas bon, un gars qui ne savait pas lire un vrai livre, qui avait besoin d’images pour comprendre ce qu’on lui racontait. Or, c’est plutôt quelqu’un qui a découvert un art qui lui plait, un art qui utilise l’image pour raconter une histoire, comme au cinéma. Pourtant, on ne dénigre pas les cinéphiles, alors pourquoi le faire avec ceux qui consomment de la BD?

« Dans un comic con, ce n’est qu’un type de bandes dessinées qui est privilégié. Or, les super héros, comme Batman, Hulk et The Avengers, sont de moins en moins associés aux bandes dessinées depuis qu’ils sont représentés au cinéma », fait-il valoir.

Un festival en plein air

Pour la première mouture de son événement, M. Mayeux a choisi le parc La Fontaine afin de sortir la bande dessinée des centres commerciaux et des librairies.

« On voulait un lieu en plein air qui soit facilement accessible. On a donc immédiatement pensé au parc La Fontaine, car il existe une certaine structure (l’Espace La Fontaine) permettant de faire la projection de films et y tenir des ateliers. On ne veut pas se cantonner dans un espace clos et étouffant, comme dans le cas des divers événements littéraires. Le fait que ce soit dehors apporte également un côté bucolique », estime l’organisateur.

Durant trois jours plusieurs activités sont prévues au parc La Fontaine, notamment, des rencontres et des séances de signature avec une cinquantaine d’auteurs établis – tels que Michel Rabagliati, Delaf et Dubuc et Benoît Godbout – , ainsi que des créateurs de fanzines (œuvres indépendantes). Des artistes seront sur place pour faire des démonstrations, en direct, de dessins. Un atelier est également prévu avec Jacques Goldstyn, créateur de Beppo, la célèbre grenouille du magazine Les Débrouillards. Le documentaire Loisel et Tripp, Traits complices, qui retrace le processus de création d’une bande dessinée, sera aussi projeté.

Pour consulter la programmation complète du Festival BD de Montréal, on consulte le www.fbdm-montreal.ca.

Pour connaître les oeuvres majeures de la bande dessinée québécoise, on lit: Les incontournables de François Mayeux

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