Après avoir presque perdu sa jambe gauche dans un accident, une mère monoparentale du Plateau-Mont-Royal, Stéphanie Benoit, gravira vendredi le mont Washington, soit le plus haut sommet de l’Est américain.
En 2005, un accident qui peut sembler banal, tomber dans la douche, a failli lui coûter sa jambe. Sa vie a basculé, alors que la chute a causé une rupture complète du quadriceps gauche. Beaucoup de réadaptation, de volonté et d’efforts ont été nécessaires. Aujourd’hui, Stéphanie a retrouvé 80% de ses capacités.
Elle sera accompagnée de ses deux complices, Sophie Rocheleau et Isabelle Ouellet, deux mamans aussi monoparentales, dont les enfants fréquentent aussi l’école De Lanaudière, dans Le Plateau-Mont-Royal. Les trois mères de famille participeront à cette aventure grâce à la Fondation Esprit de corps, qui redonne aux familles et organise depuis 2011 le Défi mont Washington pour parent unique. Ce défi s’adresse exclusivement aux parents monoparentaux et vise à « accompagner des personnes confrontées à l’adversité vers la résilience et leur plein potentiel».
«C’est Isabelle qui a vu cela sur Internet et nous en a parlé. Sophie et moi, on a décidé d’embarquer», continue Mme Benoit.
Penser à soi
Pour son amie, Sophie Rocheleau, c’est l’opportunité de prendre du temps pour soi qui l’a amené à
«C’est le genre de choses pour laquelle je serais passé en dernier. On se dit toujours, en tant que parent, qu’on va faire des choses pour nous, s’il reste du temps. Avec cela, je n’ai pas le choix, il faut que je me présente à l’entraînement, sans enfant, une fois par semaine. En dehors de cela, ça nous apprend aussi une dure leçon en tant qu’adulte: d’accepter de se faire aider», affirme Sophie.
«Dans la vie, je ne suis pas une fille qui est très trekking, mais je voyais cela comme une possibilité de sortir de ma zone de confort. En plus, c’est un tout inclus, au sens où nous sommes encadrés par deux entraîneurs, que nous n’avons pas à penser au transport ni rien, nous avons simplement à nous présenter. En tant que mère de trois enfants, je dois normalement toujours tout prévoir, c’est rafraîchissant», raconte celle qui se rend maintenant au travail au pas de course.
Les trois complices se connaissaient déjà avant le début de cette aventure, car leurs garçons ont souvent été dans la même classe. Elles se sont toutefois rapprochées, après quinze semaines d’entraînement intensif et de préparation au froid de l’hiver. Accompagnées de 11 autres parents «uniques», elles débuteront l’ascension vendredi.
Gravir la montagne
Ces trois amies s’entendent toutes pour dire que le froid est le facteur le plus peur effrayant, pour elles.
«En m’embarquant là-dedans, j’avais vraiment peur qu’il fasse -40 degrés Celcius lors de notre ascension et d’avoir très froid», souligne Sophie.
Sa complice abonde dans son sens. «Moi aussi, avoir froid, c’est ce qui me fait peur», indique Isabelle.
Stéphanie mentionne pour sa part que la météo semble encourageante, pour l’instant.
Prôner par l’exemple
Émile, le fils de Stéphanie, se dit très fier de sa mère.
«Je suis vraiment content qu’elle fasse cela, parce qu’elle sera plus en forme pour jouer au soccer avec moi désormais», souligne-t-il tout sourire.
Le fils de Sophie, Arnaud, admire aussi sa mère pour ce qu’elle s’apprête à accomplir.
«Je la trouve vraiment courageuse! Je ne suis pas sûr que moi je l’aurais fait. Peut-être que je le tenterais, avec elle, dépendamment de ses impressions», affirme-t-il.
Les trois mères se font une fierté d’être des modèles en matière d’activité physique pour leurs six garçons, grâce à ce défi.
