Mercier & Anjou

Les citoyens pourront bientôt se prononcer sur le projet d’écoparc

Les citoyens pourront bientôt se prononcer sur le projet d’écoparc
Photo: (Photo: Flambeau de l'Est – Delphine Bergeron)

Le projet d’établir un écoparc industriel dans le secteur  Assomption Sud–Longue-Pointe fera bientôt l’objet d’une consultation publique. La ville de Montréal compte y présenter un plan de développement économique qui se veut plus vert et durable que celui de la controversée Cité de la logistique, mise de l’avant par l’ancienne administration Coderre, mais écartée par Projet Montréal dès son arrivée au pouvoir.

Le secteur visé, délimité par l’avenue Souligny, la gare de triage Longue-Pointe du Canadien National (CN), l’autoroute 25 et par les installations portuaires, s’étend sur  333 hectares. Ce territoire qui a connu une longue histoire industrielle, « est parsemé de vastes terrains vacants et sous-utilisés qui offrent des occasions de développement immobilier déterminantes pour la relance économique de l’Est de Montréal », selon des documents de la Ville.

Depuis 2015, il fait partie de l’un des six secteurs  de planification stratégique établis au Schéma d’aménagement et de développement de la ville de Montréal.

L’objectif est de requalifier le secteur afin d’attirer de nouveaux investisseurs et de lui donner un nouvel essor. On compte également arrimer son développement à plusieurs projets déjà annoncés, dont l’implantation du futur Centre de transport de l’Est de la Société de transport de Montréal (STM), la construction du nouveau poste de transformation d’Hydro-Québec, le prolongement du boulevard l’Assomption vers le Port de Montréal et le développement d’un lien de transport collectif structurant dans l’axe Notre-Dame.

Depuis son arrivée au pouvoir, et à la tête de l’arrondissement Mercier – Hochelaga-Maisonneuve, Projet Montréal plaide pour  un concept d’écoparc industriel basé sur l’aménagement durable et l’écologie industrielle.

Parmi les autres orientations, on compte le désir de limiter les nuisances, dont le bruit, un enjeu majeur pour les résidents du secteur.

C’est cette vision qui fera l’objet du processus de consultation qui s’amorce le 12 mars, lors de la première séance d’information.

Un projet en quête d’unanimité
En un peu plus de deux ans, ce sera la quatrième démarche de consultation. En janvier 2017, l’arrondissement  Mercier-Hochelaga-Maisonneuve avait tenu une rencontre pour informer les citoyens au sujet des enjeux liés au développement de la future Cité de la logistique, un projet de zone économique qui reposait sur l’implantation d’une plate-forme intermodale pour faire transiter des produits vers le port de Montréal.

Trois mois plus tard, une deuxième consultation publique avait été organisée dans le cadre du processus d’adoption d’un Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) pour le secteur.

Loin de susciter l’enthousiasme chez les riverains, le projet a été la cible de pétitions exigeant la tenue d’une consultation publique en bonne et due forme.

Des consultations publiques locales ont été tenues au printemps 2017. La Ville a alors décidé de confier un mandat  à l’OCPM.

Vigilance
Patricia Clermont, impliquée dans divers comités environnementaux du secteur, comme le Collectif Sauvons le ruisseau Molson et « Mobilisation 6600 », qui est à l’origine de la demande d’une consultation publique, souhaite que les riverains se fassent entendre.

«J’ai l’ambition de faire de cette consultation-là un vrai moment qui puisse influencer le cours des choses», explique-t-elle.

Inquiète que cet exercice ne serve qu’à calmer la grogne populaire quant à l’avenir de ce territoire, elle dénonce l’opacité qui entoure les planifications du gouvernement fédéral, acteur majeur avec un investissement de 50 M$. Elle souhaite qu’un véritable développement écologique se fasse, et non pas seulement planter des arbres. «Il ne s’agit pas de diaboliser les entreprises», soutient-elle, confiante que la cohabitation entre les entreprises et les résidents peut se faire en harmonie avec la nature.

«Je ne suis pas sceptique, je ne suis pas cynique, mais je ne suis pas enthousiaste, confie-t-elle. Je suis inquiète. Ce que je vois, c’est ce que je craignais.» Elle entend continuer la mobilisation afin que la population obtienne un réel pouvoir sur l’avenir de son quartier, et non seulement un droit de parole.

Les citoyens qui souhaitent s’exprimer sur le développement du secteur situé entre l’avenue Souligny, les installations du Port de Montréal, la gare de triage Longue-Pointe et l’autoroute 25 doivent s’inscrire avant le 18 avril à 16 heures. Des opinions orale ou écrite peuvent être soumises.

En préparation de l’audition, des kiosques ainsi qu’une séance d’information prendront place au même endroit, le 12 mars. Les kiosques seront accessibles dès 16 heures et la séance est prévue pour 19 heures. L’événement sera webdiffusé sur le site de l’OCPM, une halte-garderie sera offerte gratuitement et les salles utilisées sont accessibles aux personnes à mobilité restreinte.

La Ville de Montréal, l’OCPM et le directeur de l’arrondissement MHM, Serge Villandré, se sont rencontrés le 31 janvier afin de préparer l’exercice et présenter le cheminement du projet. La commission a invité les différents partis à se préparer sur divers sujets susceptibles d’être abordés à la soirée d’information, comme le transport collectif, la cohabitation entre les secteurs industriels et résidentiels ainsi que le verdissement.

La consultation se fera le 23 avril à 19 heures, à la Plaza Antique, 6086 Sherbrooke Est, près du métro Cadillac.

 

Pour plus d’infos

ocpm.qc.ca