Mercier & Anjou
10:37 20 décembre 2019 | mise à jour le: 20 décembre 2019 à 10:39 temps de lecture: 4 minutes

Fermeture du YMCA Maisonneuve-Hochelaga : les usagers en colère

Fermeture du YMCA Maisonneuve-Hochelaga : les usagers en colère
Les usagers du centre YMCA Hochelaga-Maisonneuve se sont exprimés pendant plus de deux heures au micro le 17 décembre au Pavillon d’éducation communautaire Hochelaga-Maisonneuve. Photo : Naomie Gelper

Plus d’une centaine de membres, d’employés et de bénévoles du YMCA Hochelaga-Maisonneuve se sont rassemblés le 17 décembre pour exprimer leur frustration face à la fermeture précipitée du centre et dénoncer un manque de «transparence».

À l’occasion d’une assemblée publique tenue dans un centre communautaire du quartier, des citoyens de l’arrondissement de tous les âges et de tous les horizons, certains très émotifs, ont répété au micro combien ils étaient déçus de la gestion de ce dossier par l’administration.

Avant d’ouvrir la période de questions qui a duré plus de deux heures, le directeur général des YMCA du Québec, Nicolas Vaillancourt, a tenté d’expliquer les raisons de la fermeture soudaine prévue dans moins de deux semaines. Le bâtiment actuel, appartenant à la Ville de Montréal, doit être rénové, car il ne respecte plus les normes, a-t-il indiqué.

Il a ajouté que le YMCA cherchait depuis deux ans du financement pour pallier ce problème, mais sans succès. Les membres ont vivement réagi à cette nouvelle, expliquant qu’ils auraient aimé être mis au courant plus tôt de la situation.

Les membres exclus du dossier

«Comment ça se fait que la fermeture du YMCA Hochelaga-Maisonneuve, on l’a su juste il y a un mois ? Nous sommes le Y et si le Y a des difficultés depuis longtemps, on aurait dû le savoir», a affirmé Kaitlyn Jean-Louis, une membre du centre.

Pour se défendre, M. Vaillancourt a expliqué qu’il était impossible que tout le monde soit au courant des enjeux. «Quand on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas moyen de trouver suffisamment de soutien financier, on a dû prendre cette décision difficile», dit-il.

Les membres ont dit se sentir impuissants face à la décision précipitée. «J’ai reçu la nouvelle de la fermeture du YMCA comme une tonne de briques parce que ça sortait de nulle part», a affirmé Geneviève Antonius-Boileau, membre du centre.

Je ne sais pas à quoi vous vous attendiez en convoquant les citoyens et citoyennes à venir entendre vos explications, à venir comprendre pourquoi on n’a plus le choix et pourquoi on n’a plus de pouvoir comme citoyens, mais moi je n’accepte pas ce contrat tacite. »

– Geneviève Antonius-Boileau, membre du centre YMCA Hochelaga-Maisonneuve

Elle a ajouté qu’elle n’était pas venue à cette rencontre pour se faire expliquer le «manque de communication» de l’administration durant les deux dernières années, mais pour trouver des solutions. «On veut la garder l’infrastructure, ce n’est pas compliqué», a continué la jeune mère.

«Je comprends la frustration des gens et je partage leur déception, indique le maire de l’arrondissement, Pierre Lessard-Blais qui avait demandé à Stéphane Vaillancourt  d’organiser une rencontre d’information auprès des membres du YMCA. C’est une annonce qui a été faite de manière précipitée et qui nous a tous pris de court.» Il ajoute que l’arrondissement n’a pas été informé suffisamment d’avance pour assurer une transition et pallier, du moins en partie, le manque créé par cette fermeture.

Fermeture hâtive

À partir du 31 décembre prochain, les volets d’activités physiques et aquatiques du seul YMCA de l’est de Montréal prendront fin, avait-on annoncé le 13 novembre dernier. La nouvelle a secoué de nombreux membres qui comptent sur cette seule option abordable dans le quartier, en plus de leur offrir des services de qualité et un sentiment d’appartenance.

L’administration affirme qu’elle entamera des discussions avec l’arrondissement pour trouver des alternatives en utilisant les installations existantes du quartier. Les usagers déplorent que les activités ne soient plus toutes situées au même endroit. «Je veux que les citoyens sachent que nous sommes à la recherche active de solutions, assure Pierre Lessard-Blais. En ce moment, nous travaillons à analyser l’offre du YMCA et à identifier les besoins de ses membres.»

Les 1600 membres du centre Hochelaga-Maisonneuve n’auront donc pas de solution pour le début de l’année 2020, mais l’arrondissement s’est engagé à rencontrer un groupe d’usagers. «[Lors de l’assemblée], ils reprochaient au YMCA le manque de communication, alors nous allons leur faire une place et les inclure dans la démarche, déclare M. Lessard-Blais. Parce qu’au final, c’est à leurs besoins à eux qu’il faut répondre.»

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