Mercier & Anjou
13:43 21 janvier 2020 | mise à jour le: 21 janvier 2020 à 13:54 temps de lecture: 5 minutes

Le CLAC de Guybourg ne gère plus le centre Guybourg

Le CLAC de Guybourg ne gère plus le centre Guybourg
Le bâtiment du 1905 rue Cadillac abrite d’autres organismes communautaires. L'arrondissement confirme que la population pourra continuer de bénéficier des activités gérées par les partenaires occupant les lieux. Photo : Naomie Gelper

L’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve ne renouvellera pas son partenariat avec le Centre de loisirs et d’animation culturelle (CLAC) de Guybourg à la suite du dépôt du rapport de vérification du Contrôleur général de la Ville de Montréal.

Dans un communiqué émis le 7 janvier, la direction de l’arrondissement évoquait «de sérieuses anomalies dans la gouvernance du CLAC de Guybourg», dévoilée dans un rapport du Contrôleur général de la Ville, pour résilier les conventions du programme d’activités physiques et de loisirs ainsi que du programme de camp de jour de l’organisme. Les subventions annuelles de l’organisme s’élevaient à un montant de 44 188 $.

Il a été impossible d’avoir une copie du rapport étant donné que le Bureau du contrôleur général ne diffuse pas les rapports de vérification, qui sont des documents internes. Pour sa part, dans un communiqué émis le 20 janvier, l’administration du CLAC de Guybourg affirme qu’elle n’a pas pu obtenir une copie du rapport.

Le CLAC conteste la décision de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve concernant la terminaison évoquée. «Aucun motif nous a été énuméré et surtout rien en relation avec notre convention signée, écrit-on. Nous n’avons fait aucune fraude, vol ou malversation ce qui a été confirmé par l’arrondissement.»

«Cette rupture a été effectuée de façon cavalière, illégale, sans motif et de mauvaise foi.»

– Le CLAC de Guybourg par voie de communiqué

Fin des activités

Le 13 décembre dernier, l’organisme a reçu un avis de résiliation de l’arrondissement stipulant que la décision était irréversible. C’est le 31 décembre que les usagers du centre ont appris la fermeture. L’organisme devra avoir quitté les lieux au plus tard le 13 mars, indique l’arrondissement.

Un plan de redressement avait été exigé à la direction de l’organisme à l’occasion du dernier renouvellement des conventions en 2018. Selon la directrice générale de la table de concertation Mercier-Ouest Quartier en santé (MOQS) Julie Frappier, le CLAC n’aurait pas réussi à atteindre certaines cibles au niveau des inscriptions pour les loisirs. «Malgré tous les efforts du CLAC, il était parfois difficile d’avoir des inscriptions constantes et en grand nombre pour les activités», dit-elle. Cela aurait aussi pesé dans la balance, croit Mme Frappier.

L’organisme a annulé toutes ses activités de loisirs, halte-garderie, camp de jour, événements, prêt de locaux, etc.

Rappelons que la Ville de Montréal est locataire du bâtiment appartenant à la Commission scolaire de Montréal (CSDM). D’autres organismes occupent également les lieux. Toutefois, la Ville ne récupérera pas les locaux abritant le CLAC de Guybourg, mentionne Julie Bellemare. «Plusieurs organismes y ont leurs bureaux et l’arrondissement souhaite y maintenir une offre de services communautaires», affirme-t-elle.

Pour Julie Frappier, l’important est de s’assurer que les résidents du quartier continuent à être bien desservis selon leurs besoins et que le secteur puisse poursuivre sa revitalisation.

«L’arrondissement s’active afin de maintenir l’offre de services dans le secteur de Guybourg et de poursuivre l’offre de camp de jour avec d’autres partenaires»

– Julie Bellemare, chargée de communication de l’arrondissement MHM

Flou

L’arrondissement affirme avoir laissé trois semaines au CLAC pour trouver des solutions pour le service de garde. Dans un communiqué, on indique que le service demeurera jusqu’à la fin du mois de janvier.

Des parents mobilisés

En tant qu’usager du centre, Érick Roy a été surpris d’apprendre la fermeture du CLAC. Son enfant allait au service de garde offert par le centre tous les soirs après l’école, mais depuis le retour des fêtes, M. Roy a dû trouver une autre alternative. «Avec le transport scolaire, l’autobus déposait notre enfant au CLAC après l’école et on allait le chercher après le travail», explique le père.

Le 6 janvier, il a dû inscrire son fils in extremis au service de garde de l’école. «L’inconvénient, c’est qu’il n’a plus le droit au service de transport scolaire, car il va au service de garde juste après l’école, ajoute M. Roy. Donc pour retourner à la maison, on a du lui acheter une passe d’autobus. C’est donc un investissement de plus pour nous.»

«On attend des réponses et on n’en a pas. Le rapport est confidentiel, on ne peut pas y avoir accès, le communiqué de la Ville de Montréal est assez laconique, ils expliquent ce qu’ils peuvent expliquer, mais ils n’en donnent pas plus. On se retrouve dans le néant.»

– Érick Roy

Comme plusieurs autres parents, Érick Roy appréhende le moment où il devra inscrire son enfant au camp de jour. «On va devoir parcourir une bonne distance jusqu’à un autre centre de loisirs», s’inquiète-t-il.

Ce père déplore également un manque d’information. Il compte se présenter au prochain conseil d’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, le 3 février, pour faire entendre sa voix.

Qu’est-ce que le CLAC de Guybourg?

Ouvert en 1992, l’organisme avait comme mission de gérer le centre de loisirs et d’animation culturelle. Il offrait, par exemple, des activités sportives, des cours d’apprentissage des langues, des activités artistiques et culturelles à ces membres.

 

 

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