Mercier & Anjou
09:15 18 février 2020 | mise à jour le: 18 février 2020 à 09:15

Apprendre aux élèves du secondaire à bien se nourrir une recette à la fois

Apprendre aux élèves du secondaire à bien se nourrir une recette à la fois
Photo: Naomie GelperLes élèves de l’académie Dunton s’inscrivent aux ateliers culinaires sur une base volontaire.

Depuis novembre, les étudiants de l’école secondaire l’académie Dunton ont peuvent s’inscrire gratuitement à des ateliers culinaires où ils apprennent à devenir autonome en cuisine.

Dans un désir d’outiller les élèves à pouvoir bien s’alimenter, Francis Girard et Amélie Bernard, deux enseignants de l’Académie Dunton, ont eu l’idée d’offrir des ateliers culinaires. «On veut développer des saines habitudes de vie, mais manger santé ça coûte cher surtout quand tu ne sais pas cuisiner», pense l’enseignant de français M. Girard.

C’est d’ailleurs lui qui a déposé une demande pour une subvention de la Fondation pour les enfants du Choix du Président. Avec l’argent, l’école secondaire a pu se procurer du matériel de cuisine, dont des comptoirs mobiles qui servent de plans de travail. Avec des montants de la part du ministère de l’Éducation, l’Académie Dunton a pu bonifier les équipements, ajoute le directeur de l’école Martin Talbot.

Quand M. Girard et Mme Bernard ont présenté leur idée au directeur, M. Talbot l’a accueillie positivement.  «On veut vraiment développer le côté citoyen de l’élève surtout dans le contexte actuel, explique-t-il. On est dans milieu défavorisé, il y a certaines vulnérabilités alimentaires dans notre quartier. On veut apprendre aux élèves à se nourrir de façon responsable.»

Étant donné que l’école ne possède pas encore de four, les recettes ne nécessitent pas de cuisson. Barre tendre, salade, smoothies ou même tartare : les possibilités sont assez larges. Bien qu’il s’agisse d’un défi de plus, ne pas avoir de four permet aux élèves et aux professeurs de découvrir de nouvelles recettes, pense Amélie Bernard, enseignante d’arts plastiques.

Apprendre et découvrir

La cloche de 14h45 annonce la fin des classes et les jeunes inscrits à l’atelier culinaire du jour commencent à arriver, tous excités à l’idée de cuisiner le plat de cette semaine : une salade protéinée aux nachos. En équipe de deux, les participants se séparent les tâches et se mettent à l’œuvre. «Ils savent que ce n’est pas un cours, mais vraiment un atelier, explique Mme Bernard. On les supervise, mais ils sont assez autonomes.»

Les enseignants conseillent également les élèves avec des trucs et astuces. «Une fois, il fallait couper un oignon, c’était plus compliqué, raconte Amélie Bernard. En secondaire 1 et 2, ils n’ont pas souvent manipulé des couteaux.»

Elle ajoute que les ateliers permettent aux adolescents de développer leurs goûts. «Dans la recette d’aujourd’hui, il y a de la coriandre et ce n’est pas tout le monde qui aime ça, alors on leur fait goûter, explique Mme Bernard. La dernière fois, une jeune pensait qu’elle détestait les pois chiches, mais elle a fini par ramener deux portions de la recette tellement elle aimait ça.»

Le résultat «immédiat»

Ce que les élèves apprécient le plus, c’est de pouvoir ramener leur création à la maison et d’y goûter. «Ils voient vraiment la récompense de partir avec leur plat. Nous on voit la récompense à long terme dans ce qu’ils apprennent», émet Francis Girard.

Selon Amélie Bernard, lorsqu’ils étudient, les écoliers ne voient pas toujours le résultat de leurs efforts tout de suite. «Alors qu’avec les ateliers, ils font quelque chose et ils l’ont dans l’immédiat, ça les motive», dit-elle.

Peut-être qu’ils ne s’en rendent pas compte tout de suite, mais c’est un acquis qu’ils vont avoir à long terme et dans l’immédiat ils ont leur repas ou leur collation.

-Amélie Bernard, enseignante d’arts plastiques

En plus d’apprendre certaines recettes qu’ils ramènent à la maison, les participants aiment partager ce moment avec leurs amis. «C’est toujours la même gang semaine après semaine, on cuisine ensemble», se réjouit une élève de secondaire 2 qui s’inscrit toujours avec trois autres jeunes filles de sa classe.

Martin Talbot souhaite que l’activité continue de «vivre au-delà de l’initiative.» Le directeur affirme qu’il fera le nécessaire pour assurer la pérennité des ateliers culinaires. «Il va falloir qu’on mousse les bons coups auprès des membres du personnel de l’école. On va se servir de l’engouement et y aller par la positive», dit-il.

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