Mercier & Anjou
14:07 17 août 2020 | mise à jour le: 18 août 2020 à 11:52 temps de lecture: 4 minutes

Elle fait pousser son bananier à Montréal

Elle fait pousser son bananier à Montréal
Photo: Naomie Gelper/Métro MédiaLucie Hérard et son massif de bananiers vivaces devant sa maison

Faire pousser des plantes tropicales au Québec, c’est possible! Au cœur de son jardin, situé dans Mercier-Ouest, Lucie Hérard a réussi à maîtriser cet art.

Aujourd’hui retraitée, Mme Hérard cultive plus de 50 variétés de plantes tropicales. Cette enthousiaste de l’horticulture possède même un massif de bananiers qu’elle préserve à l’année longue.

La passion de Lucie Hérard pour les plantes tropicales, particulièrement les bananiers, remonte au moment où elle a entendu la chanson Cartier de Robert Charlebois.

Dans ses paroles, le chanteur décrit à quoi ressemblerait Montréal si Jacques Cartier avait navigué de l’autre sens. «Il raconte que c’est bien dommage parce qu’on aurait eu des bananiers et des palmiers si Cartier avait navigué à l’envers de l’hiver. Je ne pouvais pas croire qu’on aurait jamais ça chez nous. Je me disais bien qu’il fallait que j’essaie un moment donné», se rappelle Mme Hérard.

Avec la venue d’Internet, la femme a commencé à faire des recherches. C’est seulement il y a 15 ans qu’elle a trouvé le bon filon pour développer son jardin unique. «Mais c’est sûr que c’est quelque chose de difficile, ça ne se fait pas tout seul», précise-t-elle.

«Un tour de force»

Lucie Hérard a contacté des importateurs de plantes tropicales spécialisés à qui elle a acheté plusieurs plants.

«J’ai investi pas mal de sous pour faire des achats parce que j’en ai perdu beaucoup au début, dit-elle. J’ai fait tellement d’erreurs que là je sais ce qu’il faut faire et ne pas faire.»

Avec le temps et la pratique, elle a gagné de l’expérience. Aujourd’hui, elle sait comment faire pousser plusieurs variétés de bananiers et réussit à les conserver à l’année longue. «C’est un tour de force. Il n’y a pas beaucoup de gens qui ont réussi au Québec, mais il n’y a pas de raison à ça», pense la retraitée.

Elle explique que le plant doit rester à l’intérieur les deux premiers automnes pour créer une base assez forte qui résiste aux hivers québécois. Puis, lorsque le végétal est planté dehors, il y a plusieurs critères de base à respecter. «Une fois que c’est enterré, ça reste au moins six mois en dessous de beaucoup de paille et d’une bâche, jusqu’au printemps», ajoute-t-elle.

Chaque année, je suis toujours surprise de voir que j’ai des bananiers au Québec! J’aimerais ça que d’autres personnes puissent réussir en leur passant mon expérience et mon savoir. -Lucie Hérard, résidente de Mercier

Montréal Tropical

Depuis deux ans, la résidente de Mercier vend des plants et partage son savoir sur sa page Facebook Montréal Tropical. La communauté réunit plus de 2000 abonnés.

Lucie Hérard estime qu’au moins une centaine de personnes tentent actuellement de faire pousser des plantes tropicales en suivant ses conseils. «Si on m’écoute, il y a des bonnes chances que ça fonctionne», affirme-t-elle.

La passionnée d’horticulture organise aussi des visites de son jardin au mois d’août. «Les gens veulent voir ça en vrai parce que ça n’a pas l’air vrai, émet-elle. Ils peuvent venir visiter le jardin et voir ce qu’il aimerait réaliser chez eux.»

17

Les bananiers peuvent atteindre une hauteur de 12 à 17 pieds.

Articles similaires