Hochelaga-Maisonneuve
13:27 25 août 2020 | mise à jour le: 3 septembre 2020 à 16:39 temps de lecture: 3 minutes

Les «Bafoués de MABE» se battent encore

Les «Bafoués de MABE» se battent encore
Photo: Naomie GelperChaque année, le 25 août, les «Bafoués de MABE» se réunissent.

Une cinquantaine de retraités du fabricant d’électroménagers mexicain MABE ont manifesté devant leur ancien lieu de travail. Ces anciens employés se battent toujours pour récupérer leur fonds de pension, amputé de 22%.

Six ans après la faillite de leur ancien employeur, les «Bafoués de MABE» n’abandonnent pas. Masqués, pandémie oblige, les anciens travailleurs ont manifesté à l’angle des rues Notre-Dame Est et Dickson. Ils étaient accompagnés de l’équipe de direction de leur ancien syndicat Unifor-Québec, dont le directeur Renaud Gagné.

«Votre dossier, comme de trop nombreux autres, démontre les lacunes légales flagrantes dans la protection des régimes de retraite», a-t-il affirmé. Le directeur syndical demande au premier ministre François Legault de créer une loi pour protéger les fonds de pension.

En raison de la faillite de MABE Canada en août 2014, les retraités et employés actifs ont perdu plus de 20% de leur rente ainsi que leurs avantages sociaux.

Depuis, de nombreux recours ont été entrepris par le syndicat et les retraités, dont une action collective de 68 M$, déposé en août 2017.

Un long combat

La demande d’autorisation d’une action collective pour les retraités et ex-travailleurs est toujours pendante alors que MABE, l’entreprise mère non touchée par la faillite, s’y oppose, explique le dernier président du local syndical d’Unifor dans l’usine, Michel Morin.

«Ça fait six ans et on est encore à la demande de permission d’action collective, précise-t-il. Une fois le recours collectif reconnu, on va pouvoir demander ce qu’on veut.»

En février, MABE a été débouté, sur le banc de la Cour d’appel, d’une objection préliminaire qu’elle tentait de faire valoir sur la juridiction des tribunaux civils.

Les retraités savent qu’ils devront faire preuve de patience avant de revoir la couleur de leur argent. «On sait que ça va être long, soutient Normand Chapdelaine, ancien employé qui a travaillé 32 ans dans l’usine. On calcule au moins 10 ans.»

Le retraité se dit surtout «frustré» de voir ses anciens collègues mourir avant même que le jugement soit rendu.

Chaque année, le 25 août, plusieurs «Bafoués de MABE» se réunissent. «C’est important de montrer notre soutien. On augmente [de retraités présents] tout le temps», affirme M. Chapdelaine.

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