Mercier & Anjou

Inquiétude liée aux logements de courte durée touristique dans Mercier

Les logements touchés par les avis d’éviction sont situés au-dessus du Café Sésame et de l’Espace Tétro Coop. Photo: Jason Paré, Métro Média

Infologis de l’Est de l’Île de Montréal s’inquiète de la poussée des logements de courte durée touristique dans Mercier.

Uniquement dans Mercier-Est, l’organisme a répertorié une vingtaine de ces logements touristiques sur le site de Airbnb.

Cette inquiétude a été exacerbée par l’autorisation récente obtenue par un groupe de propriétaires auprès de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve pour l’exploitation touristique d’un 7 ½ sur la rue Hochelaga, un logement duquel une famille a été évincée le 1er juillet dernier.

«Pourtant, l’arrondissement MHM s’est doté d’un règlement interdisant la subdivision, l’agrandissement ou le changement d’affection afin de préserver son parc locatif, déplore la responsable du service juridique aux locataires chez Infologis, Patricia Mercier. Nous ne comprenons pas la logique derrière cet octroi de permis.»

D’autant plus que ce genre de logements, parfait pour les familles, se fait rare à Montréal, ajoute la responsable.

Incompréhension

L’organisme s’explique également mal cette décision puisque les locataires du 4 ½ adjacent au 7 ½ – qui ont également reçu un avis d’éviction en 2021 – sont quant à eux parvenus à demeurer dans ledit logement grâce, semble-t-il, à l’aide de l’Arrondissement.

«[À la suite de] la réception d’une information à l’effet que le propriétaire avait fait parvenir des avis d’éviction aux occupants du 8622, rue Hochelaga afin de subdiviser, d’agrandir ou de changer d’affectation des logements, la division des Permis et inspections a transmis une lettre au propriétaire le 15 septembre 2021, lui indiquant clairement les dispositions réglementaires applicables», explique l’agente de recherche de MHM, Julie Bellemare.

Il n’a pas été possible de parler avec les locataires du 4 ½, Infologis arguant que ces derniers en ont déjà par-dessus la tête, puisqu’ils subiraient du harcèlement de la part du propriétaire pour quitter leur logement. Selon l’organisme de défense des droits des locataires, un dossier aurait été ouvert au Tribunal administratif du logement à ce sujet.

Pour le 7 ½ situé au 8630, rue Hochelaga, l’Arrondissement indique qu’aucun permis de transformation n’a été délivré. En revanche, dans la zone où est situé l’immeuble, on précise que l’usage «résidence de tourisme» y est autorisé.

«Toutefois, une telle activité doit faire l’objet d’une demande de certificat au préalable», précise Julie Bellemare.

Usage autorisé

Selon un document de l’Arrondissement consulté par Métro, le groupe de propriétaires a obtenu l’autorisation d’exploiter le 8630, rue Hochelaga comme une résidence de tourisme le 5 juillet dernier.

Afin de confirmer son intention concernant ce logement, Métro a joint par téléphone le groupe de propriétaires, LTL Gestion Immobilières, mais ce dernier a mis fin à l’appel lorsque les avis d’éviction ont été mentionnés.

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