Durant la « période trouble », plusieurs entrepreneurs ont subi une baisse de leur chiffre d’affaires. C’est notamment le cas pour le propriétaire de L’Oiseau bleu, qui a pignon sur rue depuis près de 60 ans.
De mai 2010 à octobre 2011, le commerce a enregistré une perte cumulée de 27,8 %. D’autres commerçants ont dû réduire leurs heures d’ouverture, engendrant une réduction de personnel.
Les commerçants de la Promenade Sainte-Catherine Est, hors de la zone des travaux qui se sont déroulés entre Jeanne-d’Arc et William-David, ont également subi les contrecoups des travaux qui ont considérablement réduit l’accès à ce secteur du quartier.
« Nous avons évité le pire. Il y a eu des contrecoups financiers pour les gens, mais l’offre commerciale est demeurée sensiblement la même. Nous n’avons pas connu une vague de fermeture des commerces », a constaté Noémie Lucas, directrice générale de la Société de développement commercial (SDC) de la Promenade Sainte-Catherine Est.
Le développement de l’artère commerciale a été freiné par les travaux, elle qui avait le vent dans les voiles. Il y a eu beaucoup moins de demandes pour visiter des locaux.
« Comme on ne savait pas officiellement quand les travaux seraient terminés, les visites commerciales sont littéralement tombées au point mort, souligne Mme Lucas. Là on sent que ça repart. Les investisseurs recommencent à nous appeler. »
Défis
Une étude menée par l’Association des SDC de l’île de Montréal, en novembre 2011, sur le degré de confiance des commerçants confirme le vent d’optimisme des entrepreneurs de la rue Sainte-Catherine Est.
Le document note une baisse au niveau des ventes d’environ 20 %, mais la situation s’explique essentiellement par les fameux travaux, estime Mme Lucas. Le niveau de confiance demeure positif. D’autres artères commerciales de la métropole se retrouvent dans une situation pire que la nôtre, ajoute-t-elle.
Si le bassin de consommateurs est suffisant pour assurer la pérennité de l’artère, il y a tout de même des défis à relever. Les clients ont encore certaines perceptions négatives et Mme Lucas en est bien consciente.
Le nombre de locaux vacants, la prostitution sur rue et la propreté ne jouent pas en notre faveur, admet la directrice générale. Des actions ont été posées et se poursuivront. Le retour de la « brigade propreté » et celui des cadets-policiers permettront d’améliorer la situation. Il n’y a pas de recette magique.