Montréal-Nord

Montréal-Nord: marche funèbre pour dénoncer la fermeture d’un CPE

Le Syndicat des travailleuses des centres de la petite enfance de Montréal et Laval (STCPEML) a organisé une marche funèbre mercredi soir, devant les locaux de l’antenne Minime du CPE Mini-Fée de Montréal-Nord qui vient de fermer pour des raisons budgétaires.

«On est endeuillé, c’est une triste journée», se désole Nathalie Fontaine, présidente par intérim du STCPEML, avant de brandir des pancartes de protestation en compagnie d’une vingtaine de manifestants, tous de noir vêtus.

Décidée au printemps dernier, mais effective depuis le 31 août, cette fermeture entraîne le renvoi de sept employés et la relocalisation de 18 enfants, dont 10 âgés de moins de 18 mois.

«C’est l’enfer, clame Dorothay Lebel, une employée de l’établissement, qui conserve néanmoins son poste dans une autre structure du CPE. Les enfants ne comprennent pas, ils perdent leurs éducatrices mais aussi leurs repères. On dénature leur milieu de vie.»

Justifiée par une gestion financière de l’établissement jugée «déficiente» par le ministère de la Famille, cette décision avait été prise «dans le contexte des coupures de l’allocation de fonctionnement annoncées par le gouvernement», comme l’expliquait Marie-Josée Chouinard, directrice du CPE, dans une lettre de renvoi.

Les 18 enfants relocalisés
«C’est vraiment triste que ça se produise dans ce quartier, déplore Dominique Daigneault, présidente du Conseil central du Montréal Métropolitain-CSN. Montréal-Nord a beaucoup de défis à relever, un fort taux de pauvreté, une grande proportion de famille monoparentale. Ce CPE répondait à un besoin fondamental, il consolidait le tissu social.»

La relocation de ces 18 enfants, en majorité au sein de l’installation principale du CPE Mini-Fée située dans la Maison culturelle et communautaire de l’arrondissement, mais aussi auprès du CPE L’Oasis des Enfants, dans le même secteur, ne satisfait pas Luc Bastien, vice-président de la Fédération santé et services sociaux de la CSN.

«Aucune autre place n’a été créée par le gouvernement, ils prennent simplement la place d’autres enfants, regrette-t-il. Avec ces coupures, on habitue ces jeunes à n’être qu’un chiffre dans une colonne. C’est dommage. On minimise l’impact de tels actes.»

Par la voix de François Fournier, son attaché de presse, Rita de Santis, ministre de l’Accès à l’information et députée de Bourassa-Sauvé, assure que sa «priorité était que tous les enfants retrouvent une place. Ça a été fait.»

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