Ahuntsic-Cartierville
11:41 10 juillet 2020 | mise à jour le: 10 juillet 2020 à 11:57 temps de lecture: 3 minutes

Une commissaire blâmée à English-Montreal

Une commissaire blâmée à English-Montreal
Photo: Quentin Parisis/Archives MétroSylvia Lo Bianco

La commissaire Sylvia Lo Bianco a été sanctionnée pour avoir brisé le code d’éthique de la Commission scolaire English-Montreal (CSEM) en encourageant un parent d’élève en difficulté à agir contre les intérêts de la CSEM.

La décision fait suite à une plainte faite par la CSEM à l’endroit de Mme Lo Bianco en janvier 2019.

En novembre 2018, Mme Lo Bianco a accepté d’aider un parent d’élève qui souhaitait que son enfant reçoive une éducation spécialisée à l’École Gerald McShane en raison de ses difficultés d’apprentissage.

Selon la décision rendue par la commissaire à l’éthique, Me Michèle St-Onge, Mme Lo Bianco n’a pas obéi à la directrice générale de la Commission scolaire, Anne-Marie Matheson, qui lui indiquait de référer les parents à la direction de l’école pour toute problématique concernant les besoins de leur enfant.

La commissaire qui représente les écoles anglophones d’Ahuntsic-Cartierville et Montréal-Nord a discuté avec les parents dans un stationnement avant leur rencontre avec l’administration de l’école primaire.

Les parents ont refusé d’assister à la rencontre sans la présence de Mme Lo Bianco et sont plutôt retournés à leur domicile accompagnés de celle-ci.

Sylvia Lo Bianco a encouragé les parents en question à faire une plainte au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur contre la CSEM. Une plainte qu’elle a endossée.

Dans le dossier, Mme Lo Bianco a faussement affirmé aux parents que la directrice générale de la CSEM était «son employée» et que cette dernière ne pouvait pas l’empêcher d’assister à des réunions entre les parents et la direction de l’école.

Sentiment de manipulation

Le lendemain, un allié de Mme Lo Bianco a contacté une reporter de Global News pour que les parents fassent valoir l’histoire de leur enfant, tout en dénonçant l’école pour «ne pas avoir aidé» leur enfant.

Après les événements la mère de l’enfant a conclu qu’elle s’était sentie «manipulée» par Mme Lo Bianco et qu’elle avait été utilisée par celle-ci dans une bataille politique au sein de la Commission scolaire.

Elle a été suspendue pendant deux semaines par Me St-Onge. «Les violations répétées de Mme Lo Bianco mettent à mal l’image de la CSEM et celle des autres commissaires», a écrit Me St-Onge.

En février, Joe Ortona, aussi commissaire à la CSEM, avait été suspendu dans le même dossier.

Les luttes politiques au sein CSEM font partie des raisons pour lesquelles celle-ci a été mise sous tutelle en novembre 2019 à la suite d’un rapport accablant produit pour le ministère. Le conseil des commissaires y avait été qualifié de «dysfonctionnel» en raison des conflits internes qui «paralysaient» la prise de décision.

Lo Bianco en désaccord

Appelée par Métro à commenter la décision, Mme Lo Bianco s’est dire «complètement en désaccord».

«J’ai agi en bonne foi. Ça faisait longtemps que l’enfant avait besoin de services de la Commission scolaire. J’ai été sanctionnée pour avoir été trop impliquée», déplore-t-elle.

La commissaire indique qu’elle évalue actuellement ses recours juridiques pour une éventuelle contestation de la décision.

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