Montréal-Nord

Un colloque pour comprendre les causes de la violence

Slim Hammami
Slim Hammami est l’un des organisateurs du colloque. Photo: Anouk Lebel/Métro

«Ça fait deux ans qu’on se concentre sur les armes à feu, les coups de feu, mais on a pris peu de temps pour réfléchir aux raisons qui nous ont amenées à cette situation-là», croit le coordonnateur de Café-Jeunesse Multiculturel, Slim Hammami. 

Le 19 mai, l’organisme établi depuis plus de 30 ans à Montréal-Nord a donc invité des gens de tous horizons à se pencher sur la question: des chercheurs, des organismes communautaires, des élus mais, surtout, les jeunes eux-mêmes.

Tous prendront part à une vaste réflexion dans le cadre du colloque Urbanité et jeunes marginalisés, organisé en collaboration avec le Centre de recherche sur les services éducatifs et communautaires de l’Université d’Ottawa.

De Lyon à Montréal-Nord

La chercheure française Anaïk Purenne présentera les résultats d’une vaste étude sur les jeunes et les discriminations dans neuf quartiers populaires d’Amérique du Nord et d’Europe, dont Montréal-Nord.

Il s’agira d’un premier retour dans l’arrondissement pour la chercheure depuis sa rencontre avec une trentaine de jeunes et d’intervenants dont elle a recueilli les récits de vie entre 2014 et 2018. Elle a comparé ces longs entretiens avec ceux de jeunes de quartiers de Lyon, de Londres et de Los Angeles, entre autres.

«On cherchait à comprendre l’expérience de la discrimination vécue par les jeunes», explique-t-elle en entrevue par visioconférence. Si elle s’attendait à de forts contrastes entre l’expérience des jeunes à Montréal-Nord et en France, elle a trouvé peu de différences dans le vécu des jeunes d’une ville à l’autre.

«Ce qui différenciait Montréal-Nord et Vaulx-en-Velin, à Lyon, c’est que les jeunes trouvaient plus facilement les mots pour qualifier leur expérience. C’est que la question du profilage est davantage dans le débat public», résume la sociologue, chercheure à l’École nationale des travaux publics de l’État, en France.

Mettre l’accent sur les jeunes

Pour Mme Purenne, il est important de rendre compte aux jeunes eux-mêmes des résultats de ses entretiens avec eux.

Comme les trois autres chercheurs invités au colloque, elle débattra donc des résultats de sa recherche avec des intervenants communautaires, autres universitaires et des jeunes, dans le cadre d’ateliers en après-midi.

M. Hammami estime crucial de donner la voix aux principaux concernés, dont l’image est souvent malmenée, selon lui.

«On doit changer cette image que les jeunes sont des délinquants, des criminels. Ce sont des garçons et des filles de Montréal qui ont des besoins, des besoins qui pour X raison, ne sont pas comblés», dit-il.

En tout, 130 personnes ont confirmé leur présence au colloque, dont le responsable de la sécurité publique à la Ville de Montréal, Alain Vaillancourt, de même que le nouveau chef du PDQ 39, Louis Dufour.

Le colloque aura lieu à la Maison culturelle et communautaire de Montréal-Nord, de 8h30 à 16h30.

Quatre thématiques

  • Les jeunes et les discriminations avec Anaïk Purenne, chercheure à l’École nationale des travaux publics de l’État, en France
  • Les jeunes dans les espaces du quotidien avec Eduardo Gonzalez Castillo et Anne-Marie Livingstone, respectivement professeur adjoint à l’École de criminologie CRSEC et professeure adjointe au département de sociologie de l’Université McMaster, en Ontario
  • Les difficultés sociales d’insertion des jeunes hommes âgés de 16 à 25 ans avec Sue Ann MacDonald, professeure à l’École de travail social de l’Université de Montréal
  • Amours, amitiés, reconnaissance et enjeux de réputation pour les jeunes filles avec Annamaria Colombo, professeure et chercheure à la Haute école de travail social, en Suisse

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