Ouest-de-l’Île

Le statut de paysage humanisé de L’Île-Bizard approuvé

Le statut de paysage humanisé de L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève vient d’être approuvé par le ministère de l’Environnement. Photo: Archives – Métro Média

Depuis 2014, le maire de l’arrondissement avait lancé le processus pour obtenir le statut de paysage humanisé.

Mercredi 16 juin 2021, lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charrette, a donné son feu vert. Il s’agira ainsi du premier paysage humanisé au Québec.

D’une superficie de 18km2, ce dernier s’étendra sur la partie ouest de L’Île-Bizard et une partie de la rivière des Prairies et du lac des Deux Montagnes.

Pour rappel, le statut de paysage humanisé est un concept qui a vu le jour par une loi provinciale adoptée en 2002, lorsque le Parti Québécois (PQ) était au pouvoir.

Le but? Protéger les territoires dont les composantes naturelles ont été façonnées au fil du temps par des activités humaines en harmonie avec la nature. Il vise également à la protection de la biodiversité.

Une fois le statut approuvé, le travail agricole peut se poursuivre, mais les activités minières, gazières et pétrolières, la construction de gazoducs ou d’oléoducs, et l’introduction d’espèces envahissantes seront interdites.

« Ça va ramener l’île à des terres plus agricoles que des terres de spéculations. Les prix des terrains vont être plus réalistes et vont se réajuster en tenant compte du statut», expliquait le maire de l’arrondissement, Normand Marinacci, lors d’une entrevue accordée à Métro.

«Comme maire et citoyen de L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève, c’est une immense fierté de voir qu’une portion de notre territoire puisse recevoir la désignation de paysage humanisé, une première au Québec.»

Normand Marinacci, maire de L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève

«En créant le paysage humanisé projeté de L’Île-Bizard, nous déployons un nouvel outil dans notre lutte pour préserver la biodiversité et maintenir des espaces naturels de qualité à proximité des populations», a expliqué Benoît Charrette. Il a assuré vouloir «intensifier les efforts de protection du territoire dans le sud du Québec.»  

Un projet qui ne fait pas l’unanimité

Le statut de paysage humanisé ne fait pas le bonheur de tous les riverains.

En effet, avant que le projet ne soit approuvé par le gouvernement, certains s’y opposaient.

«On parle de 350 maisons. Pour nous, un secteur résidentiel n’a rien à faire dans un paysage humanisé», expliquait la représentante des citoyens concernés de l’ouest de L’Île-Bizard, Johanne Bonin.

Leurs craintes? Que la valeur marchande de leur maison ne soit dévaluée, mais aussi de ne plus pouvoir aménager les terrains comme ils le souhaitent.

Certains citoyens reprochaient également le manque de transparence de la municipalité qui, d’après eux, refusait de dévoiler le contenu du plan de conservation et du projet de loi. Ils assuraient également ne jamais avoir été consultés pour donner leur accord.

De son côté, Normand Marinacci nous avait assuré avoir fait des rencontres publiques pour discuter du statut de paysage humanisé: «beaucoup de citoyens étaient en faveur du projet. On ne veut pas faire de L’Île-Bizard un îlot de ciment. On veut que ce soit un endroit où il fait bon vivre.»

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