Ouest-de-l’Île

La Brigade Santé sillonne l’Ouest-de-l’île

Les agents de la Brigade Santé Ouest-de-L'Île lors d'une campagne de sensibilisation
Les agents de la Brigade Santé Ouest-de-L'Île lors d'une campagne de sensibilisation Photo: Gracieuseté – Roxana Stoleru

Depuis le début du mois d’avril 2021, six jeunes forment la Brigade Santé et parcourent l’Ouest-de-l’Île pour sensibiliser la population à la vaccination et au dépistage.

En se promenant dans l’Ouest-de-l’Île, il est possible de croiser la Brigade Santé. Formée par le CIUSSS et financée par Fondations Philanthropiques Canada, elle a plusieurs mandats: sensibiliser les citoyens à la vaccination contre la COVID-19, informer lorsqu’une clinique de vaccination éphémère pose ses bagages dans l’arrondissement. «Ils font également de l’affichage écrit en plusieurs langues, selon le secteur qui est ciblé», explique l’organisateur communautaire au CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île, Jean-Yves Guiton.

Chaque semaine, la Santé publique du Québec envoie des données sur la couverture vaccinale des quartiers au CIUSSS. Ces chiffres sont analysés par des responsables.

«À partir de là, on identifie les quartiers qui sont les plus vulnérables, où on sent que la population est plus réticente à la vaccination», raconte la coordonnatrice Projet de Santé Communautaire à la Table de quartier sud de l’Ouest-de-l’Île, Roxana Stoleru.

Les membres de la Brigade vont ensuite faire du porte-à-porte dans les différents arrondissements. Avant chaque journée d’intervention, ils ont un rendez-vous avec des coordinateurs qui leurs donne les rues et les tranches d’âges à cibler.

À l’aide d’un outil appelé Kobo, ils font remplir un questionnaire non-nominatif aux habitants volontaires pour connaître les raisons de refuser la vaccination.

«Ce n’est pas facile, car les gens ne veulent pas toujours ouvrir leur porte pour parler avec la brigade», explique Roxana Stoleru. Dans l’Ouest-de-l’Île, elle estime que seulement 30% des citoyens acceptent de discuter avec la Brigade Santé.

D’après leurs chiffres, l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro serait celui où les citoyens sont le moins enclins à se faire vacciner. 

«Nous adoptons des stratégies différentes pour rejoindre les gens de tous les milieux. Même s’ils sont hésitants, même s’ils ne répondent pas, on va revenir plus tard pour leur en parler», ajoute Jean-Yves Guiton. «Nous visons les parcs aussi, on sait qu’en ce moment les gens y sont. Notre stratégie porte ses fruits.»

En effet, selon l’organisateur communautaire, la présence de la Brigade Santé fait une grande différence sur le terrain.

«Nous avons beaucoup de gens dans nos cliniques éphémères qui viennent à la suite d’une rencontre avec les membres. Ils avaient des craintes par rapport à la vaccination, la Brigade les a rassuré», raconte-t-il.

La présence de ces jeunes sur le terrain est un véritable atout, «sans eux nous ne pourrions pas aller chercher autant de gens et sensibiliser à la vaccination comme ils le font à chaque jour.»

La mission de la Brigade Santé: sensibiliser, informer et protéger

Le troisième mandat de la Brigade Santé est celui de détecter les cas d’abus. Formés par la Croix Rouge, les membres ont les outils pour rediriger les personnes vers des ressources appropriées. «Nous sommes en train de vivre beaucoup de féminicides au Québec. Si quelqu’un détecte quelque chose, il fait remonter l’information à leur coordinateur ou coordinatrice et le travail va s’enclencher», assure Jean-Yves Guiton.

De son côté, Roxana Stoleru précise que la Brigade Santé peut référer ceux qui le souhaitent vers des banques alimentaires ou d’autres organismes de l’Ouest-de-l’Île. «Le but est de sensibiliser la population et de donner des ressources aux plus vulnérables.»

Confrontés à des situations parfois dures, les membres de la brigade sont suivis par un travailleur social à chaque deux semaines. Lors d’une rencontre de groupe ils peuvent ainsi se soutenir moralement. «Lors du porte-à-porte, il faut savoir qu’ils sont exposés à toutes sortes de détresse sociale», explique M. Guiton. Le suivi psychologique des brigades s’effectue en toute confidentialité, sans la présence des coordinateurs pour que les jeunes puissent s’exprimer librement.

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