Outremont & Mont-Royal
16:55 2 juillet 2015 | mise à jour le: 7 juillet 2015 à 10:57 Temps de lecture: 3 minutes

Boulangerie Heimishe: du pain ouvert sur le monde

Boulangerie Heimishe: du pain ouvert sur le monde
Photo: Vanessa Limoges /TC Media

Il y a 13 ans, la famille Lebowitz ouvrait une boulangerie Heimishe sur l’avenue Bernard pour servir sa communauté, les hassidim d’Outremont. Depuis la boulangerie Cheskie est devenue l’un des seuls endroits à Montréal où juifs orthodoxes et non-juifs se succèdent dans la file d’attente.

Jeudi midi, la boulangerie déborde. Sur l’heure de dîner, les travailleurs se procurent des sandwichs alors que les familles juives se préparent déjà pour la fête de Shabbat du vendredi.

«Elles achètent des Challa: un pain tressé au goût sucré que les hassidim mangent en famille pour Shabbat depuis des générations, explique Esty Lubowitz, la fille du propriétaire. Nous produisons ces pains et de petites tartes, appelées Kugel, exclusivement pour cette fête.»

Le dimanche, les files sont infinies. «Avec tous les gens qui font leur course et le soleil l’été, nous sommes débordées, souligne-t-elle. Ici, on sert littéralement 50% de non-juifs et 50% de juifs. Mon père traite tout le monde également. Juif ou non-juif, il est toujours accueillant.»

Une histoire de famille
Né à New York, Cheskie Lebowitz a appris la confection du pain et des pâtisseries de son frère, Shloimy Lebowitz. Aux États-Unis, son frère possède plusieurs boulangeries fréquentées presque exclusivement par les communautés juives.

«Dans ma famille, on ne sait pas trop pourquoi toutes les communautés viennent ici, mais nous en sommes heureux et on remercie Dieu pour ça», confie la jeune fille de 19 ans, qui sans mari ni enfant peut travailler à temps plein chez Cheskie depuis la fin de ses études secondaires.

Espérant que Dieu fasse en sorte que cette boulangerie survive encore longtemps, Esty espère que son futur mari sera aussi passionné par la pâtisserie qu’elle. «Dans ma religion les filles ne possèdent pas d’entreprise, elles se marient et ont beaucoup d’enfants, mais peut-être que mon mari aura cette passion aussi», souligne-t-elle en riant.

Selon Mlle Lubowitz, la pâtisserie est perçue positivement par sa communauté qui est pourtant reconnue pour être particulièrement hermétique. Elle reconnait que la plupart des commerces cachères sont fréquentés que par sa communauté.

«Ce serait bien de voir plus de commerces qui permettent cette mixité. C’est important de vivre en paix tous ensemble », lance-t-elle.

L’entreprise démarrée il y a 13 ans n’a jamais fait de publicité, ne possède aucun site Web et le bureau de M. Lebowitz ne compte toujours pas d’ordinateur. «Nous sommes de la vieille école, mais ça fonctionne», lance la jeune fille.

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