Outremont & Mont-Royal

VMR: la survie de la dernière prématernelle en milieu scolaire menacée

Photo: Vanessa Limoges /TC Média

L’Association des Parents de Mont-Royal qui gère bénévolement la prématernelle privée Mi-chemin, située dans les écoles Saint-Clément depuis près de 40 ans, s’inquiète de voir que les inscriptions ne sont pas au rendez-vous cette année. Une situation qui met en péril la survie de cette classe.

«Nous avons huit jeunes d’inscrits. À ce stade-ci, c’est certain que nous allons finir l’année, mais nous allons être déficitaires, indique Claudie Vigneault, présidente de l’Association des Parents. Nous avons besoin de dix jeunes, le matin et l’après-midi pour rentrer dans nos frais.»

L’année dernière, l’Association a dû fermer la classe de prématernelle, dont le local se situait à l’école Saint-Clément Est. «Il y a de plus en plus d’enfants à VMR, alors l’école a dû reprendre le local qu’il nous louait depuis des décennies par manque d’espace», explique Mme Vigneault.

La prématernelle située à Saint-Clément Ouest est alors devenue le seul endroit dans la ville où les enfants peuvent être initiés au milieu scolaire dès l’âge de quatre ans. Les classes de maternelles à quatre ans, subventionnées par le gouvernement, sont maintenant offertes seulement dans les milieux défavorisés au Québec.

«Lorsque les enfants provenant de milieux défavorisés entraient en maternelle à 5 ans, ils étaient désavantagés sur les plans langagier et écrit, comparativement aux enfants des milieux plus aisés», explique Line Laplante, professeure à l’UQAM, spécialisée en didactique des langues, plus précisément en apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Un programme «exceptionnel»
Pour Lyne Martel, éducatrice depuis 15 ans dans les classes Mi-Chemin, les jeunes de Ville de Mont-Royal tirent de nombreux avantages de cette prématernelle. «Si on décèle des problèmes quelconques chez les jeunes, on peut les prendre en charge dès la maternelle, explique-t-elle. Les jeunes développent aussi un sentiment d’appartenance envers leur nouveau milieu scolaire, leur bibliothèque, leur salle de musique, d’informatique, etc.»

Line Laplante abonde dans le même sens, «le fait d’être dans une école initie les jeunes à la structure scolaire. Ils voient aussi ce que font les plus grands, alors que dans un centre de la petite enfance (CPE), à quatre ans, ils sont les plus grands.»

Inspiré du programme du ministère de l’Éducation, l’enfant développe l’écriture, l’arithmétique et les arts à la prématernelle Mi-Chemin. «Ce qui se fait dans cette classe n’a rien à voir avec ce qui se fait en garderie privée subventionnée. De là, l’importance de continuer à offrir ce service», soutient Mme Vigneault.

L’implantation de la maternelle à 4 ans à temps plein dans les milieux défavorisés a débuté en 2013 dans la province. Québec visait alors la création d’une nouvelle classe de maternelle à quatre ans par commission scolaire.

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