Outremont & Mont-Royal
11:14 29 mars 2016 | mise à jour le: 29 mars 2016 à 11:52 temps de lecture: 3 minutes

Des câlins du Bataclan au métro de Montréal

Des câlins du Bataclan au métro de Montréal
Photo: (TC Media/Isabelle Bergeron)Alexis-Michel Schmitt-Cadet offre des câlins gratuits dans les stations de métro autour de l'Université de Montréal.

Depuis novembre 2015, Alexis-Michel Schmitt-Cadet distribue les câlins dans les stations de métro du campus de l’Université de Montréal. Après la mort de son cousin lors des attentats de Paris de novembre dernier il a choisi, par ce geste de prime abord anodin, de propager l’amour plutôt que la haine.

«J’ai perdu un cousin au Bataclan et plutôt que de me tourner vers la colère et la haine qui sont les premiers réflexes, je me suis dit que je pouvais nourrir l’amour collectif plutôt qu’alimenter la colère», raconte l’étudiant en criminologie à l’Université de Montréal.

C’est après être retourné d’urgence auprès de sa famille à Paris l’automne dernier qu’il a commencé à donner des câlins dans des endroits très fréquentés dans la Ville lumière. «C’était durant la période d’entraide qui a fait suite aux attentats. J’ai été surpris de voir à quel point la réceptivité était là. J’ai même pu faire un «hug» à un policier armé qui a redonné à des collègues des cartes de câlins gratuits que je traînais avec moi.»

Ce moment a changé sa perception des policiers. «C’est là qu’on voit que fondamentalement, on a envie du contact avec les autres. Et ce, même si le «hug» est quelque chose de très nord-américain. Nous n’avons aucune prise sur les attentats, mais nous en avons pour reconnecter les gens entre eux», ajoute Alexis-Michel.

Plus d’un millier de câlins
Surpris de la réaction qu’il a eue en France, il a pris la décision de répéter l’expérience quotidiennement. De retour à Montréal, il se concentre surtout sur les stations Édouard-Montpetit et Université de Montréal après avoir observé que ses collègues étudiants vivaient beaucoup de stress et d’anxiété.

Mais les câlins gratuits, il en distribue aussi pour lui-même. «Ça devient quelque chose d’addictif. J’en ressors toujours heureux pendant deux ou trois heures. C’est un high sans prendre quoi que ce soit.»

Très impliqué dans la communauté étudiante, il est vice-président d’une association faisant la promotion de bien-être où il a aussi réussi à recruter quelque uns de ses collègues.

«C’est vraiment agréable de voir à quel point les gens sont réceptifs même si quelques fois certaines personnes vont nous ignorer. Il faut savoir que le câlin est l’aboutissement, raconte celui qui a dépassé le millier de câlins donnés. Ça peut aussi être qu’un sourire, une poignée de main ou un fist bump pour changer totalement l’atmosphère.»

Le mouvement free hugs n’a pas pris naissance dans les corridors du métro montréalais, mais en Australie en 2008 et est aujourd’hui présent dans la plupart des grandes capitales. À Montréal, la dizaine de participants sont reconnaissables à leur chandail vert «Câlin gratuit». Alexis-Michel en apportera d’ailleurs avec lui cet été en France où il a déjà prévu des activités dans le métro parisien. Il n’a pas l’intention d’accrocher son chandail de sitôt.

Le 13 novembre 2015, 90 personnes ont trouvé la mort au Bataclan. Parmi eux, Éric, cousin d’Alexis-Michel.