Outremont

Déception toponymique autour de l’axe central du site Outremont

La décision de nommer l’axe central du futur campus de l’Université de Montréal en l’honneur de Thérèse Lavoie-Roux crée des remous. La Société d’histoire d’Outremont (SHO) se dit très déçue par ce choix de la ville-centre alors qu’elle avait soumis trois noms de personnalités davantage rattachées à l’arrondissement.

«C’est un pied de nez à la Société d’histoire et peut-être aussi à l’arrondissement. Je pensais qu’on avait notre mot à dire. C’est tellement rare qu’on nomme une nouvelle rue à Outremont», déplore Jean Savard, le président de la SHO, dont l’organisation est habituellement consultée pour les choix toponymiques dans l’arrondissement.

Montréal a annoncé la semaine dernière que l’artère principale du nouveau campus en construction, comprise entre les avenues McEachran et Durocher,  portera le nom de l’ancienne députée et ministre sous Robert Bourassa. Dans les années 1960, elle a aussi été professeure à l’École de service social et chargée de cours à l’École de réhabilitation de l’UdeM.

«J’ai connu un peu Thérèse Lavoie-Roux, c’est une personne que je respecte énormément. Elle a un petit lien avec l’Université de Montréal, mais chose certaine, elle n’a aucun lien avec Outremont» – Jean Savard, président de la SHO

Ce choix a été recommandé dans le cadre de l’opération Toponym’Elles visant à promouvoir la représentation des femmes dans la toponymie montréalaise. «C’est le lien très étroit qui existe entre Thérèse Lavoie-Roux et l’Université de Montréal qui a été le facteur déterminant dans le choix final», explique le porte-parole à la Ville, Samuel-Philippe Dugré.

Pierre Dansereau

Au cours des deux dernières années, un comité regroupant notamment des membres de la SHO ainsi que des fonctionnaires et élus de l’arrondissement ont planché sur des propositions toponymiques pour le site Outremont.

«Ce qu’on cherchait, c’était de faire revivre des gens d’Outremont tout en ayant un lien avec l’Université de Montréal», mentionne M. Savard.

Deux noms féminins en sont ressortis: Marie Stéphane, fondatrice de l’École de musique Vincent-D’Indy, et Jeanne Sauvé, première femme gouverneure générale du Canada qui a déjà résidé à Outremont. En janvier, le conseil d’arrondissement a adopté une résolution pour recommander ces choix à Montréal.

La Société d’histoire a toutefois privilégié le nom du biologiste, Pierre Dansereau. «Il a vécu 100 ans à Outremont et il a enseigné sur quatre décennies à l’Université de Montréal. C’est un homme universellement reconnu», évoque M. Savard

D’autres chances  

La déception est aussi quelque peu partagée par le maire Philipe Tomlinson.

«Le choix retenu n’était pas parmi ceux qu’on avait. Mais en même temps, il reste encore beaucoup de choses à nommer dans ce que moi j’appelle le nouveau Outremont. Il reste deux et quatre endroits spécifiques, dont deux parcs et la place publique», expose-t-il.

Le maire d’Outremont affirme s’engager à ce que ces emplacements portent des noms représentant l’arrondissement et faisant un meilleur consensus localement.

«La nomination de parcs et de places appartient à l’arrondissement, évoque le maire. Depuis le début, on fait de la pression pour qu’Outremont soit représenté.  On est donc confiant que notre point de vue va être pris en considération.»

La Ville de Montréal se défend d’avoir manqué de consulter Outremont et ses partenaires. Elle explique avoir mis sur pied un comité mixte pour décider des appellations du futur campus. Chacun des représentants de l’université et des arrondissements limitrophes au site a pu faire des recommandations. Selon la Ville, la position de la SHO a ainsi pu être portée par Outremont.

Montréal veut favoriser les noms de personnes s’étant illustrées dans les milieux universitaire, scientifique et ferroviaire.

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