Outremont

De Toronto à Outremont avec un canot sur les épaules

La façon «facile» de transporter un canot de Toronto à Montréal serait évidemment en le navigant par le fleuve Saint-Laurent. Ce n’est pas l’option que Félix Jasmin a choisie.

Dans le but de soulever des fonds pour la recherche sur la sclérose en plaques, l’Outremontais Felix jasmin, lui-même atteint de cette maladie cérébrale, s’est donné le défi de porter un canot de la métropole canadienne à la métropole québécoise…à la marche.

Le Grand Portage

Après avoir reçu le lourd diagnostic en 2019, lui et sa conjointe Meg Flynn ont décidé de prendre le taureau par les cornes et de fonder Le Grand Portage, une campagne de financement annuelle centrée sur le défi inspirant et symbolique qu’est le portage de canot.

Félix et Meg
Photo:Christophe Desjarind

Cette année, c’est une quarantaine d’équipes composées de 2 à 12 personnes qui se sont relayées le canot d’une grande ville à l’autre à coup de 13km chacune. Le trajet, d’environ 750km étalés du 29 septembre au 16 octobre, auquel les deux organisateurs ont participé quotidiennement, a permis d’amasser 425 000$ destinés à la recherche, notamment pour des projets organisés par Dr Jack Antel de l’Université McGill et Dr Alexandre Prat de l’Université de Montréal.

Pourquoi le portage de canot?

Il faut savoir que c’est trois longues années d’attente anxiogène que Félix a dû survivre avant que l’on décèle son trouble de santé. La sclérose en plaques, qui se caractérise par de petites lésions au système nerveux est notoirement difficile à détecter.

«Le canot représente le poids de la sclérose en plaques. C’est un clin d’œil au long chemin que j’ai dû parcourir pour obtenir mon diagnostic et au long chemin que je parcours encore avec la maladie.»

Félix Jasmin, co-fondateur du Grand Portage

Comment ça se passe, un relais de canot sur 750km?

D’abord, les amoureux, qui considèrent que le canot-camping camping les unit, n’en sont pas à leur première expédition, eux qui sont déjà partis avec une embarcation pendant 50 jours. La différence avec Le Grand Portage, c’est que cette fois-ci, le canot ne touche jamais l’eau. C’est néanmoins leur immense expérience en randonnée et en plein air qui leur a permis de développer les aptitudes nécessaires pour relever ce défi de taille.

Photo:Félix Jasmin

Félix admet qu’il est choyé d’être actuellement en forme, malgré la maladie, mais qu’il s’agit d’un parcours extrêmement exigent.

«Imaginez le relais de la flamme olympique, mais avec un canot», dit-il.

Par chance, Félix et Meg étaient bien organisés pour s’assurer que le périple, qui impose les courbatures, se fasse de manière sécuritaire. Lorsque le canot était porté par une autre équipe, ils voyageaient en véhicule récréatif. C’est là qu’ils stockaient leurs épiceries, leur linge de rechange et qu’ils dormaient entre les voyages.

Alors qu’ils en étaient à leur deuxième traversée annuelle, le principal défi, outre les douleurs physiques, de cette édition 2022 fut l’ajout de l’ascension du Mont-Tremblant au quinzième jour de l’aventure, après le quinzième 13km traversé par le couple. Comme cerise sur le sundae, Félix relate que la journée de la montée, une tempête qui mêlait pluie et vents torrentiels menaçait d’emporter le canot, forçant les alpinistes à redoubler d’efforts pour ne pas perdre l’embarcation emblématique.

Photo:Félix Jasmin

Après lui avoir demander si le duo comptait refaire l’aventure une troisième fois, Félix répond: «On va être en réflexion jusqu’à l’hiver». Il maintient aussi que ce relais Toronto-Montréal n’est qu’une partie du Grand Portage. Il y a aussi la dernière journée qui y est un événement en soi. C’est lors de celle-ci que le public pancanadien est également invité à effectuer un 13 km local de portage, de marche, de course ou autre, pour contribuer à amasser des fonds pour la cause

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