Outremont

Après la vague, l’amertume…

Joanny-Furtin Michel - TC Media
En ouvrant la séance ordinaire du récent conseil d’arrondissement, la mairesse Marie Cinq-Mars a fait quelques annonces. Une séance pénible qui a bien failli finir par une arrestation.

Le recteur de l’université de Montréal, Guy Breton et le maire Gérald Tremblay ont annoncé la construction du pavillon des sciences soit deux bâtiments comprenant des classes, cinq bibliothèques, des laboratoires, etc., et qui formeront le coeur du nouveau campus.

Elle a également abordé la prochaine Semaine de l’action bénévole qui se déroulera du 15 au 21 avril. «Ce sera l’occasion de tourner les projecteurs sur ces personnes qui donnent de leur temps et de leur énergie pour la communauté. Ils sont plus de 500 à Outremont et la vie ne serait pas ce qu’elle est sans eux.»

Le conseil d’arrondissement a aussi tenu à rendre un hommage sensible et particulier à Madeleine Parent, une femme droite courageuse selon les mots de Marie Cinq-Mars, et qui a fait un énorme travail syndical dans les années 40.

Puis, rappelons-le, la période de questions du public s’est déroulée dans une ambiance houleuse, agressive et partisane ou deux camps s’affrontaient, les citoyens hassidiques et les autres résidents de l’arrondissement.

Prise de positions, commentaires, allégations pour certains, contre-vérités pour d’autres auront ponctué ces instants. Or, curieusement, plusieurs apartés courtois et souriants avaient lieu entre les membres de ces deux groupes entre les interventions et pendant la pause, imposée mais nécessaire, par la mairesse. Il se dégageait alors cette bizarre impression d’une générale au théâtre.

Les 46 sièges de la salle étaient occupés. On a connu des salles de conseil parfois plus denses, comme la séance de février où plus de cinquante sièges étaient occupés en raison de la présence d’une douzaine de membres de la famille de Kate McGarrigle pour qui une résolution devait être prise par les élus ce soir-là. On aurait pu dresser une quinzaine de sièges supplémentaires. Mais pour des raisons de sécurité, parait-il, des citoyens sont restés à la porte lundi soir…

Un citoyen interpellé

Parce qu’il avait filmé quelques instants dans l’enceinte de la salle du conseil alors qu’un règlement de l’arrondissement l’interdit, le citoyen Jean-Marc Corbeil s’est fait interpellé et conduit hors de la salle du conseil.

«Je venais d’arriver à la fin du conseil et j’ai assisté à une vive discussion entre Marie Cinq-Mars et Céline Forget. J’ai ouvert ma caméra pour relever ce moment, mais la discussion s’achevait. Comme je venais d’arrêter de filmer, un sergent de la Sécurité publique m’a demandé de détruire le film.»

«C’est ma propriété. Ça vous prendra un mandat judiciaire pour m’y obliger.» Fâché, l’agent a appelé la policière de service qui m’a demandé la même chose, ce que j’ai refusé de nouveau.

«Vous êtes en état d’arrestation!

– Et bien, procédez ! » Elle voulait me mettre des menottes, mais a plutôt choisi de me faire raccompagner à la porte de la salle du conseil où deux autres policiers, courtois, étaient là pour m’empêcher de rentrer  ».»

«Tous les maires un peu autoritaires usent de ce type de règlement qui, en tant que juriste, me semble illégal, à tout le moins anticonstitutionnel, parce qu’il ne suit pas les recommandations de la Charte Québécoise des Droits et Libertés. Or, la liberté d’expression nous permet de filmer dans des endroits publics comme une salle de conseil municipal. S’il y a un règlement, celui-ci stipule de dresser une amende, pas de sortir de la salle (sauf en cas de grabuge). Sauf qu’une amende est contestable en justice et demanderait des comptes aux services et fonctionnaires concernés.»

«Cette approche  »manu militari » aurait pu se limiter à demander simplement de cesser en rappelant la règle, mais en aucun cas d’effacer la prise de vues. En fait, j’ai été expulsé alors que je ne filmais pas, mais parce que je ne voulais pas détruire ce que j’avais filmé», pense Jean-Marc Corbeil

«Je suis connu dans l’arrondissement et me faire remarquer ainsi devant plus d’une cinquantaine de personnes quand j’ai le droit de filmer des événements publics, mérite une mise en demeure et une demande de compensation.»

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