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École Saint-Octave: la source de l’odeur toujours inconnue

École Saint-Octave: la source de l’odeur toujours inconnue
Photo by: Quentin Parisis/Métro MediaLes 23 élèves touchés et leur enseignante n’ont aucune séquelle de l’incident.

La provenance exacte de l’odeur de soufre qui a provoqué l’évacuation d’une classe d’une école de Montréal-Est mardi matin reste inconnue. La raffinerie Suncor, suspectée d’être à l’origine des émissions gazeuses, continue d’investiguer.

Urgence-Environnement avait d’abord avancé que les odeurs pourraient provenir du transfert dans un réservoir d’un arrivage de pétrole brut à la raffinerie de la rue Sherbrooke. À la suite de l’incident, l’entreprise a injecté du neutralisant dans un des réservoirs pour limiter les odeurs, et fait un calcul de dispersion pour connaître l’étendue de la zone touchée.

« Nos mesures confirment qu’il y a du sulfure d’hydrogène (H₂S) autour et à la limite de notre propriété, mais en deça des normes règlementaires, indique Dean Dussault, conseiller principal aux communications pour Suncor Énergie.  On essaie de voir s’il y a un lien ces mesures et l’incident de l’école Saint-Octave. »

Plus la journée avançait, moins ils étaient convaincus que les deux incidents étaient reliés, a affirmé Dimitri Tsingakis, directeur général de l’Association industrielle de l’Est de Montréal (AIEM).

Les deux hommes ne peuvent expliquer comment les émanations auraient pu se rendre jusqu’à l’école, située à 1,7 km de distance, ni la provenance exacte des odeurs. Suncor continue son investigation, ont-ils assuré.

La DRSP rassurante
Il est toutefois possible pour un gaz de parcourir de longue distance, surtout par temps froid, selon David Kaiser, médecin à la Direction régionale de la santé publique de Montréal (DRSP).

« Il y a probablement eu présence d’un nuage d’une substance contenant du soufre, qu’on pense être du H₂S, qui a passé dans les environs, mais il n’y est plus », a-t-il expliqué.

Ce gaz est très dangereux à forte dose. On peut cependant détecter cette substance dans l’air, par l’odeur caractéristique d’œufs pourris, à des concentrations de 100 à 1000X plus faible que celles qui peuvent causer problème.

« Les gens vont alors être incommodés peuvent avoir des maux de tête et des nausées, mais ça ne veut pas dire qu’il y a un impact sur la santé », précise-t-il.

Rappelons que les ambulanciers ont dû intervenir, vers 11h, à l’école Saint-Octave, après qu’une vingtaine d’élèves et leur enseignante se soient plaints de ces symptômes.

Les services d’urgences sont rapidement intervenus, et aucun transport à l’hôpital n’a dû être effectué.

Toutes les personnes touchées n’ont aucune séquelle, selon le directeur de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, Miville Boudreault, qui s’est déclaré « très satisfait » de l’application des mesures d’urgence par la direction de l’école.

Détection de dioxyde de soufre à la station St-Jean-Baptiste
Pour récupérer le souffre présent dans le pétrole, l’usine Suncor brûle le sulfure d’hydrogène (H₂S), suspecté d’être à l’origine du malaise des élèves.

Lors de la combustion est notamment émis du dioxyde de souffre (SO₂). Or, une hausse de SO₂  dans l’air a été enregistrée à la station d’échantillonnage du boulevard Saint-Jean-Baptiste, près de la rue René-Lévesque, à la même heure où se déroulait l’intervention ambulancière.

D’autres mesures élevées ont également été enregistrées la veille, en fin d’après-midi et en soirée, alors que plusieurs citoyens se plaignaient d’une odeur d’œufs pourris dans les environs sur les réseaux sociaux. Le pic le plus élevé a été enregistré à 1h du matin.

Selon le responsable des communications de Suncor, il n’y a cependant pas de lien en faire entre les hausses enregistrées de SO₂ aux mêmes moments où la présence possible de H₂S causait problème.

Des partenaires préoccupés
Les communications sont constantes entre Suncor, l’AIEM, le bureau de la députée Chantal Rouleau et les élus de Montréal-Est et Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles, qui se sont tous déclarés « très préoccupés par la situation. »

« C’est une priorité de préserver la qualité de l’environnement, et autant le ministère de la Santé, de l’Éducation que de l’Environnement suit le dossier avec moi », a affirmé Mme Rouleau.

La mairesse d’arrondissement Caroline Bourgeois a assuré qu’elle avait la santé des résidents à cœur, et insisté sur le devoir de transparence à la fois de l’entreprise et des élus.

Tous ont affirmé vouloir laisser le temps à l’entreprise de faire son enquête, mais promis d’exercer un suivi serré, tout en soulignant la « bonne collaboration » de Suncor.

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