Mercier & Anjou

Les citoyens de la Pointe-de-l’Île largement en faveur de la laïcité

Les citoyens de la Pointe-de-l’Île largement en faveur de la laïcité
Photo: (Photo: Gracieuseté)Plus de 2300 électeurs des secteurs de Montréal-Est, Pointe-aux-Trembles, Tétreaultville et Longue-Pointe ont été interrogés.

Les citoyens de la circonscription de la Pointe-de-l’Île appuient à 70% l’interdiction du port de signes religieux pour les fonctionnaires québécois en position d’autorité, tel que le prévoit le projet de loi sur la laïcité de l’État adopté par le gouvernement québécois en juin dernier.

C’est ce que dévoile un sondage par appels automatisés, réalisé par la firme Democratik pour le bureau du député Mario Beaulieu le 27 juin dernier. Quatorze pour cent des répondants ont affirmé être opposés à la mesure, et 15% se sont déclarés indécis.

« Je voulais voir quelle était l’opinion dans le comté, explique M. Beaulieu. Je m’attendais à ces résultats, mais en fait c’est un peu plus fort que la plupart des sondages nationaux, qui tournaient autour de 66% d’appui. »

Un sondage Léger, réalisé pour le compte de la CAQ, révélait notamment en mars dernier que 66% des Québécois jugeaient la loi sur la laïcité « favorable », un résultat semblable à quelques points près à ceux de deux sondages Augus Reid réalisés en décembre 2018 et avril 2019.

Lorsque l’on observe les résultats par région, on constate toutefois que, bien qu’il reste majoritaire, l’appui dans la région montréalaise est d’environ 5% inférieure à la moyenne nationale. Les électeurs de la Pointe-de-l’Île soutiendraient donc le projet de loi caquiste dans une proportion plus importante que leurs voisins.

« Ce n’est pas un sondage scientifique, puisque ce sont des appels automatisés, concède le député. Mais je le vois aussi sur le terrain, beaucoup de gens sont pour la loi. »

Plus de 2300 électeurs ont été sondés, sur les près de 85 000 que compte la circonscription. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de 2%, 19 fois sur 20.

Au Québec de décider?
Les répondants se sont également fait demander s’ils pensaient que le gouvernement canadien « devrait pouvoir abolir cette loi québécoise ». À cette question, 13% ont répondu par l’affirmative, et 73% ont plutôt affirmé que c’était « au Québec de décider ».

« Au Bloc Québécois, nous défendons les priorités du Québec et nous défendons la légitimité de la loi sur la laïcité, a lancé M. Beaulieu. Tous les autres partis fédéraux sont contre, et des groupes ont commencé à faire de la guérilla juridique. »

Dans l’attente du jugement sur la conformité de la loi aux chartes canadienne et québécoise des droits et libertés, le Conseil national des musulmans canadiens et l’Association canadienne des libertés civiles, notamment, ont demandé une injonction pour en suspendre certains articles. La demande a été rejetée par la Cour supérieure du Québec en juillet; la cause sera toutefois entendue en appel cet automne.

Bien qu’ils ne cachent pas réprouver la loi 21, les partis fédéraux ne participent pas aux démarches juridiques. Le premier ministre Justin Trudeau n’a toutefois pas voulu confirmer que son gouvernement resterait à l’écart des contestations.

« Nos valeurs font en sorte que l’on est contre ce projet de loi, mais ce n’est pas une question centrale pour la prochaine élection, juge Jonathan Plamondon, qui affrontera Mario Beaulieu sous la bannière libérale lors du scrutin du 21 octobre prochain. Le débat se fait entre les Québécois, et les recours se font par des Québécois. »

Robert Coutu, qui défendra de son côté les couleurs du Parti Conservateur, ajoute qu’en démocratie, « il faut écouter la population respecter les champs de compétence ». Si les élus provinciaux votent une loi, sa première réaction est de la respecter, assure-t-il.

« Ce que je trouve choquant, c’est d’entendre des choses comme la Commission scolaire English Montreal qui dit clairement qu’ils ne respecteront pas la loi. J’espère qu’ils la respecteront », conclut le député Beaulieu.

Un prélude à la campagne électorale qui s’annonce, où ce dossier qui suscite les passions risque de ressurgir.