Pointe-aux-Trembles & Montréal-Est
11:17 24 janvier 2020 | mise à jour le: 24 janvier 2020 à 11:17 temps de lecture: 4 minutes

Notre-Dame n’échappe pas aux locaux vides

Notre-Dame n’échappe pas aux locaux vides
Photo: Elena Broch / Avenir de l'Est

Il n’y aurait qu’une vingtaine de locaux commerciaux vacants à Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles, selon l’arrondissement. Or, la grande majorité est située sur la rue Notre-Dame. Alors que la ville de Montréal mène une série de consultations publiques sur le sujet, les commerçants veulent des actions concrètes afin d’attirer de nouveaux investisseurs.

Rien que sur les 700 mètres qui séparent la 1re Avenue de l’avenue Saint-Jean-Baptiste, dans le Vieux-Pointe-aux-Trembles, l’Avenir de l’Est a compté six locaux commerciaux vacants. Le tout sur une vingtaine de commerces et services sur la rue. Près de 30% des locaux n’ont donc pas trouvé preneur.

Parmi les locaux vides, on compte le dépanneur qui a brûlé en mars 2018, l’ancien bureau de campagne de Mario Beaulieu, l’ancien institut d’esthétique Diane ou encore le centre de jardinage.

En tapant à la porte des commerçants, les langues se délient. «Je pense déménager», lance Michel Costa, propriétaire du magasin de sport, installé depuis 10 ans au numéro 12004. «J’ai vu plus de fermetures de commerces que d’ouvertures», regrette-t-il.

Joanne Paiement, présidente de l’Association des commerçants et professionnels du Vieux-Pointe-aux-Trembles a compté, en 2019, la fermeture de la jardinerie, un changement de propriétaire au café Fomo (anciennement La Pointe au café) et l’ouverture de Crème-O-Bec.

Une des propriétaires du Café Fomo, Maya Bernatchez, constate qu’il y aurait besoin de nouveaux commerces. Une manière pour Charles Pelletier, son collègue, de pousser à une saine concurrence.

Peu surprise par ces constats, Joanne Paiement pense qu’«une des causes majeures qui empêchent les gens de venir dans l’Est, c’est le transport». Sans clients, les entrepreneurs ont du mal à se projeter dans l’achat ou la location sur la rue Notre-Dame.

Redynamiser, rénover

D’autres artères montréalaises ont pourtant réussi à contrer la vacance de locaux. Sur la Promenade Masson, dans Rosemont, à peine 4% des locaux sont vides selon la Société de développement commerciale locale (SDC). Alors que selon les données de la Ville, le taux de vacance moyen des commerces sur les artères de la métropole s’élevait à 15 % en juillet 2019

Un des facteurs du succès résiderait, selon le directeur général de la Promenade, par l’attractivité du secteur pour les familles et des efforts fournis par la SDC pour bonifier l’artère (wifi public, aménagements publics etc.).

Ce type de solutions pourraient émerger lors de la consultation publique sur les locaux vacants se tiendra le 29 janvier à la maison du citoyen, à partir de 18h30.

Des solutions, Joanne Paiement en a. «Il faut que les gens reprennent confiance dans l’Est», martèle-t-elle. Elle veut aussi que les choses bougent, car «il est certain que sans échéancier des travaux de la rue Notre-Dame [secteur Pointe-aux-Trembles], personne ne viendra s’installer ici ».

Les rénovations n’arriveraient «pas avant deux ou trois ans», rappelle Caroline Bourgeois, mairesse d’arrondissement. Elle soutient cependant qu’en «accompagnant nos entrepreneurs [avec l’agente de développement commercial], en faisant des démarches pour en attirer des nouveaux, on va réussir à redynamiser nos artères commerciales».

Donner envie à des porteurs d’affaires, c’est ce que tente de faire Gilles Turbide, propriétaire d’un local en rénovation au 11994 de la rue. Il espère que ce rafraîchissement «attirera» un locataire ou un acheteur. «Tel que le local était, je savais qu’il n’y avait pas de marché pour la location ou la revente», ajoute-t-il.

Varier le type de commerces dans la rue semble être aussi un début de solution. «Il faut que l’artère se donne une signature commerciale en diversifiant les types d’établissement  pense Joanne Paiement. À ce propos, sur Notre-Dame, l’activité de coiffure semble être reine : pas moins de trois salons de coiffure sont ouverts.

Un argument partagé par Caroline Bourgeois qui «aimerai[t] tant qu’on réussisse à attirer des commerces dans le Vieux-Pointe-aux-Trembles, comme une microbrasserie, une boulangerie, un bistro un peu chic… ».

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