Pointe-aux-Trembles & Montréal-Est
17:44 27 avril 2020 | mise à jour le: 28 avril 2020 à 10:03

Le « Grand Confinement » vu par des photographes de Pointo’

Le « Grand Confinement » vu par des photographes de Pointo’
Photo: Collaboration spéciale - Isabelle BouletIsabelle Boulet s’est prêtée au jeu et a posé avec sa famille sur son perron. Elle aussi a fait un don à Action secours vie d’espoir.

Deux photographes professionnelles de Pointe-aux-Trembles sont parties à la rencontre de Pointeliers en confinement pour les photographier sur leur balcon et leur perron.

Isabelle Boulet, photographe depuis cinq ans, s’est retrouvée sans activité professionnelle à cause de la pandémie du coronavirus. Mais elle a décidé de reprendre du service, bénévolement.

Mme Boulet est allée à la rencontre, à deux mètres de distance, de 24 familles pointelières confinées, pour les photographier devant leur demeure. Une manière pour elle de « parler du confinement en photo ».

C’est l’initiative The Front Steps Project, venue des États-Unis, qui lui a donné l’idée.

En échange du cliché, il leur a été demandé une participation financière pour aider Action Secours vie d’espoir, organisme communautaire de dépannage alimentaire de Montréal-Est. Ce dernier voit, comme beaucoup d’organismes, une augmentation des demandes de dépannage alimentaire augmenter à cause de la pandémie de coronavirus.

« J’ai pu récolter 825$ », précise la photographe qui compte remettre le fruit de sa collecte de fonds dans les prochains jours. « J’ai voulu redonner à la communauté, on sait qu’en ce moment, ce n’est pas facile pour certaines familles », ajoute-t-elle.

Ces clichés sont voués à aider les familles dans le besoin, mais aussi à mettre du baume au cœur de celles qui ont été photographiées pendant leur confinement. « Elles étaient très heureuses de me voir, beaucoup se sont faits tout beau pour l’occasion, cela leur faisait un projet pour la journée », explique-t-elle.

Consigner les souvenirs

Un peu de lumière dans la journée des citoyens et beaucoup d’émotion, c’est ce que relate également la photographe Johanne Lussier.

« Ce n’est pas rare qu’il y ait des larmes sur les balcons », sourit-elle.

De son côté, Johanne Lussier compte regrouper les photos dans un album souvenir. « Ça pourrait être un livre que l’on pourrait consulter à la Maison de la culture », pense-t-elle.

Une occasion de restituer l’histoire vécue par les Pointeliers en photos et en mots. Johanne Lussier précise que Jade Bruneau, de la compagnie du Théâtre Œil ouvert, serait notamment en charge d’écrire les textes.

La photographe avoue également que ce projet photo lui permet « de s’adonner à [sa] passion pour la photographie », mais que les conditions sont assez particulières. « J’ai pour habitude d’être proche des gens quand je les photographie, là, ça change ! ». Même son de cloche pour Isabelle Boulet qui ajoute que cela lui a « tellement fait du bien de me promener et d’aller à la rencontre des familles ».

Jusqu’à présent, Mme Lussier a photographié une dizaine de citoyens et les demandes continuent d’affluer. Pour sa part, Isabelle Boulet qui continue de recevoir des demandes, va « voir si elle réitère l’expérience ».

The Front Steps Project, qui a inspiré les photographes pointelières, est né à la mi-mars dans le Massachussetts, aux États-Unis. Le projet s’est rapidement propagé dans d’autres états du pays et a permis de récolter quelque 750 000 US$. Soit plus d’un million de dollars canadiens qui seront reversés à des organismes.

On peut retrouver le fruit de leur travail sur les pages Facebook de Johanne Lussier et Isabelle Boulet.

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