Montréal
19:18 30 novembre 2020 | mise à jour le: 16 janvier 2021 à 12:06 temps de lecture: 4 minutes

De nouvelles stations d’échantillonnage pour évaluer la qualité de l’air dans l’est de Montréal

De nouvelles stations d’échantillonnage pour évaluer la qualité de l’air dans l’est de Montréal
Photo: Coralie Hodgson/Métro MédiaLe financement des nouvelles stations a été annoncé lors d'une conférence de presse tenue le 30 novembre.

Alors que la qualité de l’air dans l’Est inquiète toujours plusieurs citoyens, Montréal a annoncé la création de nouvelles stations d’échantillonnage de l’air pour 2021. Leur nombre et leurs emplacements seront déterminés par une étude qu’effectuera la Direction régionale de la santé publique (DRSP).

Une somme de 650 000$ sera investie dans ces futures stations, à laquelle s’ajoutent 160 000 $ pour leur fonctionnement annuel.

« [Le coût d’] une station peut varier entre 200 000 et 250 000 dollars […]. Est-ce que ça va être trois nouvelles ? Est-ce que ce sont celles de l’entreprise CCR qu’on pourrait ajouter à notre Réseau de surveillance de qualité de l’air ? Je dirais que tout est sur la table », a annoncé Caroline Bourgeois, responsable de l’Est au comité exécutif et mairesse de l’arrondissement RDP-PAT.

La Ville prévoit octroyer un montant de 25 000$ à la DRSP. Ce montant servira à réaliser une nouvelle étude sur la qualité de l’air et son impact sur la santé. Le nombre de stations et leur emplacement seront également déterminés par les résultats de l’étude.

Une qualité de l’air toujours au-dessus des normes provinciales

Bien que la qualité de l’air se soit améliorée au cours des dernières années, un rapport publié en 2018 a démontré que les concentrations d’arsenic dans l’air de Montréal-Est étaient en voie d’atteindre 200% des normes permises par Québec. Cette situation avait inquiété plusieurs citoyens, a rappelé Mme Bourgeois, soutenant que ces émanations étaient cependant trop faibles pour avoir un impact sur la santé des citoyens.

L’usine de cuivre CCR, identifiée comme principal responsable des émissions, avait par la suite installé un dépoussiéreur. Un rapport publié en 2020 a par la suite démontré cette mesure avait contribué à faire baisser la concentration en arsenic dans une station de captation. Cependant, elle dépassait toujours les normes provinciales dans deux autres.

Cet été, Montréal avait annoncé qu’elle identifierait d’autres « pollueurs » dans le secteur. « Pour l’instant, il y a déjà des démarches de faites auprès d’une entreprise. Mais il n’y a pas encore moyen de savoir si l’entreprise dépasse les normes », a indiqué Mme Bourgeois, sans nommer l’entreprise.

Un accueil à géométrie variable

Ensemble Montréal avait « sonné l’alarme » en réclamant en mars 2019 la mise à jour des études sur la santé respiratoire dans l’Est de Montréal, émet Karine Boivin Roy, leader parlementaire de l’Opposition officielle.

Or, elle juge que la somme de 25 000 dollars est insuffisante pour réaliser l’étude de la DRSP, dont le coût avait été estimé à 350 000$. « C’est trop peu, trop tard », émet-elle, rappellant qu’une étude stipule que l’espérance de vie des résidents de certains secteurs de l’Est serait inférieure à celle de résidents de l’Ouest la ville.

Le Collectif en environnement Mercier-Est, qui avait milité pour l’ajout de nouvelles stations, accueille bien la nouvelle. S’il trouve important de s’occuper des problèmes d’arsenic, Raymond Moquin, président du Collectif, indique que plusieurs secteurs de l’Est sont aussi aux prises avec des problèmes de poussières, des particules fines et d’ozone. À cet effet, il souligne l’importance d’avoir des stations dans les secteurs où se trouvent d’autres entreprises polluantes.

Le Regroupement pour l’amélioration de la qualité de l’air dans l’est de Montréal (RAQAEM), qui avait dénoncé l’autocontrôle par lequel certaines usines font leur propres vérification de qualité d’air, salue que les futures stations soient gérées par la Ville. Michel Desautels, membre du regroupement citoyen, émet cependant quelques réserves. Notamment, à savoir de quelle façon les données seront récoltées, et quels seront leurs lieux de captation.

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