Un projet pour améliorer la graphomotricité à l’école Félix-Leclerc

Le projet a été mis sur pied en 2020-2021. Photo: Gracieuseté, Mario Desroches, CSSPI

Une équipe de l’école primaire Félix-Leclerc à Pointe-aux-Trembles a lancé en 2020 un projet qui vise à automatiser le geste de l’écriture et favoriser l’apprentissage des élèves. L’initiative semble porteuse, car le Centre de services scolaire de la Pointe-de-l’Ile (CSSPI) observe déjà des résultats préliminaires encourageants.

Le projet «Grapho» a été mis sur pied en 2020-2021 par deux ergothérapeutes du CSSPI, Stéphanie Busque et Chloé Joli-Cœur. Ces dernières ont travaillé avec huit enseignants de la maternelle à la deuxième année, afin de les aider à implanter une nouvelle approche d’enseignement de la graphomotricité.

Mais tout d’abord, qu’est-ce que la graphomotricité? Il s’agit du geste de l’écriture, soit l’équivalent français du terme «handwriting». Cette habileté de base est enseignée aux enfants en bas âge, et doit se conjuguer avec l’apprentissage de «l’écriture» dans son sens large.

C’est alors que le projet Grapho entre en jeu. En automatisant l’écriture manuelle chez les enfants, on espère qu’ils aient moins besoin de se concentrer à tracer des lettres lisibles.

Si j’automatise l’écriture, j’enlève cette charge. Les élèves vont peut-être avoir des textes un peu plus complets, parce qu’ils n’auront pas à penser à comment écrire. On se dit que ça devrait avoir un impact sur les résultats scolaires.

Chloé Joli-Cœur, ergothérapeute

Une approche novatrice

Les ergothérapeutes ont élaboré le projet en se basant sur ABC Boum+, une méthode d’enseignement ludique de la graphomotricité.

Cette approche de l’écriture a la particularité d’être multisensorielle, ce qui permet aussi de favoriser la rétention d’information chez les élèves, soutient Mme Joli-Cœur. «Pour une ligne verticale qui part de haut en bas, on va appeler ça «la goutte de pluie». Tout le monde va utiliser le son «touc» pour le faire.»

Le projet propose un continuum dans l’enseignement, de la maternelle à la deuxième année. Les activités évoluent ainsi au fil de l’apprentissage des élèves.

Des résultats préliminaires encourageants

Bien que Mme Joli-Cœur juge qu’il est encore trop tôt pour déterminer si le projet a eu des impacts directs sur l’apprentissage des jeunes, Mme Busque se dit encouragée par les échantillons d’écriture que les ergothérapeutes ont recueillis au long du projet, et analysés avec des critères de lisibilité.

Elle explique avoir remarqué en maternelle «une très bonne augmentation de la qualité des traits de base»; que les élèves de première année étaient plus nombreux à écrire de façon lisible; et qu’en deuxième année, les élèves étaient plus organisés sur la feuille et le tracé.

Le CSSPI indique par voie de communiqué que «si l’on en croit les données probantes, on peut penser que dans le futur, les élèves écriront aussi plus rapidement et feront moins de fautes d’orthographe, en plus d’obtenir de meilleurs résultats lors des productions écrites».

Les professeurs de l’école Félix-Leclerc devront, à terme, porter le projet de façon autonome et assurer sa pérennité, mais les deux ergothérapeutes continuent pour l’instant de faire un suivi ponctuel avec les enseignants sur ce projet.

«On souhaiterait vraiment que [le projet] soit repris dans d’autres écoles. Comme ergothérapeutes, on constate que c’est un besoin qui est présent dans la majorité des écoles», ajoute Mme Busque.  

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