Pointe-aux-Trembles & Montréal-Est

Des maires immortalisés dans le verre à Montréal-Est

Le vitrail a été modifié depuis sa création, en 1939, pour y ajouter le visage de nouveaux maires. Photo: Frédérique Charest, Métro Média

Derrière les portes de l’hôtel de ville de Montréal-Est, un grand vitrail peut surprendre le visiteur néophyte. On y voit, illustrés dans le verre, les portraits de tous les maires ayant dirigé cette ville de quelque 4000 habitants, de son fondateur Joseph Versailles à l’ex-maire Robert Coutu – dont le portrait a été fait trois fois. 

C’est en 1939 que Guido Nincheri, un vitrailliste de renom canadien d’origine italienne, a créé la grande verrière.

Au centre du vitrail, l’artiste spécialisé dans l’art religieux a illustré Joseph Versailles, qui a fondé Montréal-Est en 1910, «comme une sorte de géant devant la Ville, symbolisée par les industries». Son image serait d’ailleurs associée «à celle du dieu Atlas», selon des écrits de Denis Gravel et Hélène Lafortune*.

Nincheri a également illustré le visage des deux successeurs immédiats de M. Versailles, les maires Joseph-Albert Berthiaume et Napoléon Courtemanche.

La Ville de Montréal-Est s’est ensuite adressée à des artisans du Studio Nincheri, situé sur le boulevard Pie-IX, pour réaliser les portraits de Roland McDuff, Édouard Rivet et Yvon Labrosse.

Le vitrail représente les maires de Montréal-Est, de son fondateur Joseph Versailles à l’ex-maire Robert Coutu. Photo: Geneviève Michaud, Métro Média

Le vitrail de Robert Coutu fait trois fois

La tradition Nincheri s’est cependant rompue après l’élection de Robert Coutu en 2009. La Ville de Montréal-Est s’est tournée vers le Studio du Verre pour continuer le vitrail, comme le Studio Nincheri avait fermé ses portes en 1996.

Le projet était inhabituel pour Jeff Scheckman, propriétaire et chef d’atelier du Studio du Verre, peu habitué à faire des portraits de maires ni à imiter le style d’autres artistes.

Son équipe aurait travaillé une centaine d’heures au portrait de M. Coutu, qui aurait même dû être fait plusieurs fois, le résultat n’ayant pas été jugé satisfaisant par la Ville.

«Je pense qu’on a fait trois versions!», s’exclame M. Scheckman, en entrevue avec Métro.

Si M. Scheckman se dit satisfait du résultat final, Robert Coutu dit qu’il aurait pour sa part aimé refaire encore une fois le vitrail final.

Ç’a donné ce que ça a donné. Mais c’est chose faite. […] Ça me ressemble quand même un petit peu.

Robert Coutu, ex-maire de Montréal-Est
Robert Coutu aux côtés du vitrail, en 2020. Photo: Coralie Hodgson, Métro Média

«Ce n’est pas comme dans une église. Il n’y a pas un saint qui va dire qu’il n’aime pas [l’œuvre]. Il n’est plus là», mentionne Jeff Scheckman.

M. Coutu se réjouit par ailleurs d’avoir apporté une touche personnelle à l’œuvre; il raconte avoir fait ajouter à son portrait les initiales «RL» sur le côté droit de l’image, un «hommage» à son beau-père et ancien conseiller de Montréal-Est, feu Roger Lachapelle, qui l’aurait encouragé à se présenter à la mairie de la Ville alors qu’il était conseiller.

Marquer l’histoire

Le portrait d’Anne St-Laurent, mairesse élue en novembre 2021 devant Robert Coutu, est le prochain en lice pour figurer sur le vitrail. Bien que les détails restent à préciser, le projet serait dans les cartons et aurait été inscrit au budget de la Ville.

L’élue dit d’ailleurs avoir bien «hâte» que son portrait soit représenté aux côtés de celui des anciens dirigeants de Montréal-Est.

«Je marque l’histoire par mon élection comme première femme mairesse de Montréal-Est. […] On dit qu’une image vaut mille mots, et là, ça va être vraiment ça.»

*Source : Denis Gravel et Hélène Lafortune, Montréal-Est, 100 ans d’histoire et de prospérité, Montréal, Société de recherche Archiv-Histo, 2010.

Un bilan des coûts incomplet 

Métro a fait une demande d’accès à l’information afin de connaître les sommes déboursées par la Ville pour la verrière, pour chaque modification faite, ainsi que le montant inscrit au budget pour la création de l’image d’Anne St-Laurent.

Spécifiant au journal avoir fourni tous les documents en sa possession, la Ville a fourni un document relatif à l’ajout de l’image du maire Labrosse et un espace pour une future reproduction en 1987, au coût de 1700 $, une facture de 39 $ pour «installer le vitrail à l’hôtel de ville» en 1987, ainsi qu’une facture datant de 2015, de 258 $ au Centre du vitrail.

Impossible, donc, de connaître les coûts totaux pour l’ensemble de l’œuvre.

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