Pointe-aux-Trembles & Montréal-Est
10:38 17 septembre 2014 | mise à jour le: 17 septembre 2014 à 10:38 temps de lecture: 4 minutes

Une pointelière à la rescousse des animaux des itinérants

Nourrir les animaux de compagnie des itinérants. Voilà l’objectif qui s’est donné Marie-Douce Bélanger, lorsqu’elle a lancé le mouvement L’amie des animaux qui a pour objectif d’amasser de la nourriture pour venir en aide aux chats et aux chiens des personnes sans-abri ou à faible revenu à Montréal.

« Au début, j’achetais moi-même la nourriture que je distribuais aux gens dans le besoin qui avaient un animal de compagnie, explique Mme Bélanger. Malheureusement, je me suis retrouvé sans emploi et je n’ai pas pu continuer de le faire. »

La Pointelière s’est alors tourné vers les réseaux sociaux où elle a demandé aux internautes de faire des dons de nourriture pour animaux.

« Les gens ont été très généreux, dit-elle. Une fois, une dame m’a appelée pour me dire qu’elle avait des dons pour moi. Quand je suis allée les chercher, elle avait environ une dizaine de poches de nourriture et de gâteries pour chiens. Ça m’a permis d’aider beaucoup de gens. »

C’est son amour pour les animaux ce qui l’a poussée à faire des démarches pour devenir un organisme sans but lucratif (OSBL).

Présentement, elle est en attente d’une décision de la part de l’Agence du revenu du Canada pour qu’on l’autorise à créer un organisme.

« Il y a beaucoup de préjugés. Souvent, les gens me disent que ce que je fais n’est pas bien, que si les gens n’ont pas d’argent pour avoir des animaux, ils ne devraient pas en avoir. Mais ils ne savent pas à quel point les personnes démunies s’occupent bien de leurs compagnons. »

Mme Bélanger indique que c’est la réaction des chiens ou des chats qu’elle va voir lorsqu’elle les nourrit ce qui la satisfait le plus.

Elle raconte qu’elle a été témoin d’histoires mémorables entre des animaux et leur propriétaire qui habitent dans la rue.

« Il y a déjà eu un itinérant qui m’a raconté qu’il avait lâché la drogue grâce à son chien parce qu’il avait maintenant une raison d’être lucide, dit-elle. Un autre monsieur m’a aussi dit qu’il avait dépensé tout son chèque d’aide sociale pour soigner son chien chez le vétérinaire, mais que cela ne le dérangeait pas, parce qu’il allait mieux. »

De l’amour inconditionnel

Michel Lacasse, éducateur canin et réalisateur du documentaire « Les chiens de la rue », indique que les chiens appartenant aux sans-abris sont généralement très bien entretenus.

« Les itinérants prennent vraiment le temps de s’occuper de leur chien, dit-il. Ce sont généralement des chiens très calmes qui écoutent et suivent leurs maîtres car ils passent toute la journée avec eux. Ils ne s’ennuient pas, font beaucoup d’exercice et sont la plupart du temps stimulés. »

Dans le documentaire de M. Lacasse, trois sans-abris de Montréal affirment que leur vie ne serait pas la même sans l’aide de leur compagnon à quatre pattes.

« Une femme m’a offert d’acheter ma chienne pour 3000 $, raconte Jeremy interviewé au parc Emilie-Gamelin de Montréal. Elle m’a dit qu’elle avait pitié pour elle, et qu’elle voulait lui offrir une meilleure vie. Je l’ai regardée et je lui ai demandé « Pensez-vous qu’elle serait mieux chez vous, enfermée huit heures par jour ?  » Elle est partie sans me regarder. Je ne vendrais pas ma chienne pour rien au monde. »

Commentaires 1

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  • Serge Bolduc

    Bonjour,
    Cet article rejoint mes pensées a ce sujet et apprécie qu’on est pu publié les tenants et aboutissants

    Bravo