« Il s’agit tout simplement d’une nouvelle source de pollution qui s’installe dans l’Est, explique Vincent Marchione, président du CVEEM. Malgré ce que les raffineries peuvent dire, il est évident que l’arrivée de ce pétrole va grandement affecter la qualité de vie des résidents de Montréal-Est et de Pointe-aux-Trembles. »
Il signale entre autres, que la tour de filtration proposée par le terminal de Valero ne suffira pas à assurer le maintien d’une bonne qualité d’air dans le secteur.
« Nous savons très bien que la compagnie ne réussira pas à capter tous les gaz polluants qui s’échappent des bateaux, dit M. Marchione. Je ne connais pas une seule industrie qui est capable de contrôler et retenir la contamination qu’elle produit à 100 %. »
Contamination de l’eau
Il indique que le transport par bateau aura également un impact majeur sur la vie des citoyens aux abords du fleuve Saint-Laurent.
« Au fil des ans, il va y avoir des accumulations importantes de déchets dans le fleuve qui vont altérer la qualité de l’eau de façon importante », confie le président de l’organisme.
Il indique que des efforts ont été mis de l’avant auparavant afin de décontaminer les eaux du secteur portuaire de Montréal-Est. Selon lui, celles-ci ont déjà été polluées par des entreprises dans le passé.
« Ça nous a pris environ sept ans de négociation afin d’arriver à un accord avec ces entreprises et nettoyer l’eau, alors il ne faudrait pas que ça recommence, dit-il. J’aimerais que Valero puisse expliquer aux résidents, qu’est-ce que la compagnie va faire, de façon concrète, pour empêcher l’accumulation de sédiments polluants dans le secteur. »
Pour sa part Réal Bergeron, vice-président du Collectif environnemental Mercier-Est et membre du CVEEM, s’est dit inquiet d’apprendre que des grandes quantités de pétrole lourd seront transportées régulièrement sur le fleuve.
« Plus il y a des bateaux qui transportent du pétrole, plus il y a des risques d’accident. Si jamais il y a un déversement, les dommages causés à l’environnement seront incommensurables », affirme M. Bergeron qui se questionne par rapport à une éventuelle augmentation du nombre de bateaux par semaine.
« Personne ne nous garantit que le nombre de bateaux restera le même pour toujours, ça peut changer à n’importe quel moment, alors il faut rester alerte », conclut-il.
Rappelons que la mise en service du projet d’inversion du flux de la ligne 9b d’Enbridge sera repoussée à la demande de l’Office national de l’énergie (ONÉ) qui estime que les critères utilisés par l’entreprise pour déterminer les franchissements d’un cours d’eau important ne sont pas adéquats.