C’est du moins ce qui a été dévoilée dans une enquête sur la participation et les limitations d’activités menée par Statistiques Canada en 2006.
Ce ne sont pas toutes les personnes qui peuvent travailler, mais ceux qui peuvent, peinent parfois à se trouver un emploi.
« Il est certain qu’il y a plusieurs obstacles qui se présentent aux personnes avec des limitations dans le marché du travail », estime Annie Mercure, conseillère à l’Office des personnes handicapées du Québec.
Elle explique que plusieurs facteurs sont à l’origine du manque d’intérêt des entreprises à embaucher des personnes avec des limitations physiques.
« Il y a quelques employeurs qui font preuve de discrimination, mais la plupart du temps, c’est juste de la méconnaissance. Il y a beaucoup de préjugés et de craintes autour des personnes handicapées », continue Mme Mercure.
Elle indique toutefois que chaque cas est unique. Le parcours de vie, le type d’handicap, l’emploi souhaité, sont tous des facteurs pouvant faire en sorte qu’une personne soit embauchée ou pas.
Du progrès à faire
Pour sa part, Isabelle Gavard, agente de projets pour SPHERE-Québec (organisme de soutien à la personne handicapée en route vers l’emploi), révèle que depuis quelques années, elle reçoit presque quatre fois plus de demandes qu’auparavant.
« Quand j’ai commencé à travailler ici, j’avais quatre ou cinq demandes par année. Maintenant, de plus en plus de personnes handicapées souhaitent démarrer leur propre entreprise, affirme-t-elle. La plupart du temps, c’est parce qu’elles ne réussissent pas à se trouver un emploi.»
Elle signale que les compagnies ne sont pas encore prêtes à faire des compromis dans le but d’engager des personnes handicapées.
« Il y a plusieurs compagnies qui les embauchent, mais pour cela, il faut les accommoder et ce ne sont pas tous les employeurs qui sont prêts à le faire, dit-elle. Souvent il faut adapter leur milieu de travail, accepter qu’ils travaillent à des heures différentes et être flexible sur plusieurs autres points », souligne Mme Gavard.