L’appartement est un trois pièces composé de deux chambres, d’une cuisinette et d’une petite toilette. Un lit, un petit réfrigérateur, une cuisinière et un bureau sont fournis aux résidents. Selon Caroline, il existe une dizaine d’appartements similaires sur le même étage. Ce dernier est d’ailleurs le seul réservé aux étudiants. Les autres locataires sont des citoyens ordinaires. Le cégep n’a donc rien à voir avec la gestion de l’endroit.
Comme le logement n’est pas très grand, les locataires ont la possibilité d’utiliser un salon et une aire de cuisine collective, munie d’appareils de cuisson, de réfrigérateurs et de congélateurs, de même que de tables à manger.
Sa colocataire et elle doivent payer respectivement 400 $ (environ) et 455 $. L’écart s’explique par la différence de grandeurs de chambres. Ces coûts incluent le câble pour internet et la télévision, le chauffage et l’électricité.
N’empêche que Caroline trouve qu’elle pait trop cher pour ce qu’elle a. Elle s’est plainte au gestionnaire, mais celui-ci semble ne rien vouloir faire. « Il m’a dit que si ça ne faisait pas notre affaire, on avait juste à partir. » Elle trouve son loyer d’autant plus inéquitable qu’une voisine paie 10 $ de moins par mois pour le même format de chambre. « C’est ses affaires à elle », aurait répondu le gestionnaire à Caroline.
Les murs, qui sont comme du « carton », rendent parfois l’endroit très bruyant. « Avec la relève de l’Impact, il y a de plus en plus de bruit. Ça arrive qu’à 11 h 30 le soir, ils se mettent à jouer au ballon », explique l’étudiante, en parlant des jeunes joueurs de soccer qui participent à un programme de perfectionnement dirigé par le club l’Impact, sur le site du cégep.
Ce qui est d’autant plus frustrant, maintient Caroline, ce sont les restrictions qui s’appliquent uniquement aux résidents étudiants. Par exemple, il faut une clé pour se rendre sur leur étage. Qui plus est, il n’y a pas de sonnette. Tous les visiteurs doivent appeler les locataires étudiants par téléphone s’ils veulent entrer. Impossible, donc, les visites improvisées.
« On n’a pas droit d’avoir des animaux, ajoute-t-elle à cette liste de privations. Tu n’as pas le droit de recevoir à coucher, à 11 h, il ne faut plus qu’il y ait de bruit. »
Partir…
Caroline a finalement décidé de quitter l’endroit. « Je quitte en mai avec des amies d’ici pour aller en colocation. J’ai remarqué qu’ici, à trois, on paye 1250 $. »
Selon un gestionnaire de l’immeuble, ce prix est correct. « Nous, on suit le marché. Oui c’est étudié. Il y a beaucoup de choses qui sont inclues dedans, indique-t-il au téléphone. Il y a l’eau chaude, l’électricité, l’internet, ils ont une piscine, ils ont un sauna, ils ont un gym, tout ça. »
Ce prix est similaire aux résidences Campus Marie-Victorin, qui sont situées sur le terrain du cégep. Il en coûte 455 $ mensuellement pour une chambrette munie d’une petite toilette. « C’est le propriétaire qui décide du prix, indique Mylène Morin, coordonnatrice pour la corporation privée à qui appartient les lieux. Chaque année, il y a toujours une petite augmentation qui est faite, mais comment ça fonctionne exactement, je ne pourrais pas vous dire. »
La résidence La Seigneurie, où habite Caroline, est située à Montréal-Nord. Selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement, le loyer d’un trois et demi est en moyenne de 538 $ par mois dans le quartier.
Christiane Laliberté, la directrice de « Bâtir son quartier », une entreprise d’économie sociale qui s’occupe des résidences étudiantes à La Seigneurie, n’avait pas retourné nos appels avant de mettre sous presse.
*nom fictif