Il y a déjà un mois que votre chroniqueur de l’Avenir de l’Est Jim Orrell est revenu de sa grande marche à Compostelle. Durant deux semaines, il a parcouru 240 km avec sa femme. Jim n’en est pas à sa première grande promenade, il avait déjà parcouru la cité Machu Picchu. « Le plus dur est le retour au travail. Là-bas, on se levait à 7 h et on était dehors jusqu’à 22 h. Tout est spécial! », raconte-t-il.
« Nous avons fait le pèlerinage de façon compacte pour voir ce que nous avions à voir. C’est-à-dire que nous n’avons pas fait tous les kilomètres, mais nous avons fait le trajet d’un bout à l’autre. Donc, un autobus nous faisait faire les bouts plates. Chacun le fait à sa façon », précise Jim.
Pour lui, ce voyage était une expérience spirituelle. « C’est vrai qu’on ne fait pas le chemin de Compostelle, c’est le chemin qui nous fait », explique-t-il. « C’était très spécial d’allumer un lampion dans une église âgée de 1100 années, de voir les sculptures de bois et d’or. Les gens embrassent leur religion là-bas », affirme-t-il.
« Lorsqu’on marche dans une “trail”, la marche devient automatique et notre pensée s’évade. On se met à penser à plein de choses. J’ai beaucoup pensé aux gens, je me sentais plus “communautaire” », confie-t-il.
Plusieurs souvenirs resteront gravés dans sa mémoire, dont les portes de Saint-Jean-Pied-de-Port, vieilles de 1500 ans; la Cathédrale Metropolitana de Santiago; les levers de soleil; les cafés typés de chaque village et la collaboration entre les gens. « Des fois, on se fait un ami pour trois kilomètres seulement », relate-t-il.
Les chants grégoriens des vêpres, qu’il a entendus à Rabanal del Camino, l’ont particulièrement marqué, « une activité qui existait quand ma grand-mère était jeune », se souvient-il. Jim a aussi vu un pont romain, construit 300 ans avant Jésus-Christ. « Nous devrions envoyer les gens de la Ville pour qu’ils voient comment les Romains ont fait », ironise-t-il.
« Je ne veux pas trop décrire, mais dire aux gens d’y aller », conclut-il.