« Moi, mon affaire, c’est complémentaire par rapport à l’écho qu’on a à travers les médias, dit-il en parlant de sa nouvelle exposition qu’il a baptisée Haïti la vie. Ça montre que la vie est plus forte que tout. »
Sa plus grande fierté est justement d’avoir pu prendre des clichés de la vie de tous les jours, de la vie qui continue malgré les catastrophes naturelles.
« Parce que, évidemment, quand on entend parler d’Haïti, c’est beaucoup en fonction des catastrophes. Il y a le choléra, il y a un ouragan, il y a la famine, ça va mal, rappelle-t-il. Dans ce travail-là que j’ai fait pour l’ACDI [Agence canadienne de développement international], on parlait beaucoup de santé, on allait en région, on voyait les gens travailler à la construction, on voyait les femmes impliquées dans leur milieu au niveau commercial, au niveau de la pêche, toutes des choses positives. À la fin de mon voyage, je regardais mes photos, et c’était vraiment positif. »
Il y a trois ans, M. Leblanc avait exposé des photos de Haïti à la TOHU, un organisme de promotion pour le cirque. L’écrivain Dany Laferrière, né dans la patrie de Toussaint Louverture, avait alors critiqué son travail qu’il trouvait trop pessimiste.
Haïti la vie, que M. Leblanc a exposée ailleurs à Montréal, a toutefois été très bien accueillie par l’écrivain.
« [Il] m’a laissé un mot dans mon livre de commentaires que je laisse à l’entrée de la salle. C’était tellement beau, ce qu’il m’a écrit. Un petit paragraphe. Ça m’a fait du bien, parce que Dany Laferrière, on sait c’est qui. C’est quelqu’un qui connaît Haïti, qui l’a tatoué au cœur. Il m’a dit, “écoute, ton regard est juste, t’es allé direct au but”. »
Son exposition, qui rassemble une soixantaine de photographies, est le fruit d’un travail de terrain de 22 jours effectué à l’initiative de l’ACDI, qui l’a engagé dans le but d’illustrer le travail de reconstruction qui se déroulait sur l’île. Son contrat s’est déroulé de la fin du mois d’octobre au début du mois de novembre.
M. Leblanc s’est un peu attardé dans la capitale, Port-au-Prince. Mais il a préféré de loin ses escapades à l’extérieur. « Les moments les plus forts, c’est effectivement quand moi je prends la route, que je vais en région dans les plus petites villes. Comme Jacmel, c’est magnifique. Les petites villes à la campagne, sur le bord de la mer, c’est très beau. »
Il a aussi fait des rencontres mémorables dans ces régions un peu moins médiatisées, où « les gens sont plus calmes, sont plus smooths, sont moins méfiants par rapport à la caméra ».
Ses meilleurs clichés seront accrochés aux murs de la salle d’exposition de la bibliothèque Rivière-des-Prairies, du 3 février au 1er mars. Février est le Mois de l’histoire des Noirs.