Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles

Intimidation : la parole aux jeunes

En décembre dernier, le suicide de Marjolaine Raymond avait créé une onde de choc. La jeune Gaspésienne de 15 ans avait mis fin à ses jours puisqu’elle était victime d’intimidation. Pour éviter qu’une situation semblable ne se produise, deux jours d’activités pour dénoncer l’intimidation ont été organisés à l’école secondaire Pointe-aux-Trembles (ESPAT).

« Le karaoké géant que nous avions organisé a très bien fonctionné et il s’est déroulé dans le respect. Nous avions une chanson spéciale contre l’intimidation et les élèves l’ont tous entonné volontairement », raconte l’organisateur de l’événement, Pierre-Yves Châteauvert.

L’Avenir de l’Est a rencontré sept élèves de l’ESPAT pour savoir ce qu’ils pensent de l’intimidation :

Comment distinguez-vous l’intimidation des blagues?

Julien, deuxième secondaire : « Souvent, on pense qu’on niaise entre amis. Ça devient grave avec la répétition. »

Kim, deuxième secondaire : « Si tu te fais toujours dire que tu es con, à la longue ça finit par t’affecter. »

Jessika, cinquième secondaire : « Le pire, c’est la violence orale. »

Kevin, troisième secondaire : « La violence physique, ça fait mal sur le coup puis ça passe. Mais même ça, à la longue, ça peut pousser quelqu’un au désespoir. »

Intimidateurs : qui? et pourquoi?

Jessika : « Il y a une certaine fierté associée au “bitchage”. »

Érika, deuxième secondaire : « Et ça défoule. »

Kevin : « Il y a du monde qui prend goût à ça. Il n’y a aucune bonne raison de faire de l’intimidation. »

Gabriel, troisième secondaire : « Il y a des personnes plus susceptibles. Les intimidateurs attaquent souvent ceux qui sont plus faciles et les plus jeunes. »

Julien : « Les intimidateurs font ça pour se remonter. C’est souvent ceux qui ont déjà eu des problèmes et qui n’ont pas une grande confiance en eux. »

Quel est le rôle d’Internet dans l’intimidation?

Jessika : « La situation est empirée par les médias sociaux parce que l’intimidation ne se fait plus juste à l’extérieur de la maison. Les victimes continuent à se faire écœurer à la maison, sur Internet. »

Kevin : « Il y a plein de “haters” sur Internet. Parfois c’est drôle, mais je ne voudrais pas être à la place de leur victime. »

Jessika : « On se sent plus fort sur Internet. »

Julien : « Et on ne voit pas la réaction de l’autre. »

Est-ce que vous aideriez quelqu’un qui se fait intimider?

Kevin : « Je suis à l’aise de défendre quelqu’un qui se fait intimider. Si c’est une personne ordinaire, je ne ferai rien, mais si c’est une personne, qui a un handicap par exemple, je serai plus porté à intervenir. Aussi, si c’est une personne contre une autre, on s’en fout. Mais lorsque c’est plusieurs personnes contre une personne seule, c’est grave. »

Comment aider quelqu’un qui se fait intimider?

Jessika : « Souvent, les victimes gardent ça pour elles, mais les gens ne sont pas toujours pris au sérieux quand ils dénoncent l’intimidation. Ce qui est grave, c’est la façon dont la victime se sent à l’intérieur. »

Julien : « Les adultes sous-estiment parfois les effets de l’intimidation. »

Malgré tout, les élèves présents semblaient unanimes à dire que les ressources sont disponibles à l’ESPAT.

Gabriel : « Pour aider une victime de l’intimidation, il faut essayer de lui redonner confiance en soi. »

Érika : « Ce sont presque toujours les gens qui manquent de confiance en eux qui se font écœurer. »

Jessika : « Si un intimidateur voit que ça ne fonctionne pas avec une personne, il va aller en voir un autre. »

Julien : « C’est surtout la famille qui doit soutenir la victime. Il faut que les parents parlent à la direction de l’école jusqu’à ce que ça se règle. »

Kim : « Changer d’école n’est pas une solution. Il faut régler les choses plutôt que de se sauver. »

Jessika : « Les collègues de classe peuvent parler à l’intimidateur. »

Érika : « C’est aussi aux parents de l’intimidateur à réagir. »

Gabriel : « Même dans le cas de Marjolaine, après sa mort, il y avait des gens qui écœuraient la fille, qui l’avait “poussée” au suicide en l’intimidant. Ce n’est pas la solution, il ne faut pas intimider l’intimidateur. » ST:Comment enrayer l’intimidation?

Julien : « Il devrait y avoir plus de sensibilisation au primaire puisque c’est là que ça commence. »

Kim : « Parler de l’intimidation au primaire ne donnera pas des idées aux jeunes pour faire eux-mêmes de l’intimidation. Mais ça les aidera à comprendre les conséquences de leurs actes. »

Samuel, troisième secondaire : « C’est à cet âge-là qu’on forge notre personnalité. »

Gabriel : « C’est au primaire que l’on acquiert notre confiance en soi. »

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