Mme Péclet raconte s’être fait surnommer The Yeller par les conservateurs « parce que je crie plus fort qu’eux. » Elle siège à trois comités : le commerce international, les droits de la personne et les opérations budgétaires du gouvernement.
La Pointe-de-l’Île
L’un des dossiers les plus importants pour la circonscription selon Mme Péclet est le développement économique. Elle déplore les politiques conservatrices qui favorisent uniquement les provinces des Prairies. « Les conservateurs veulent tripler la superficie de l’exploitation des sables bitumineux. Dans un Canada dépendant de cette ressource, le Québec ne pourra jamais être un leader. Pourtant, il y a plein de ressources au Québec. Il serait à l’avantage des conservateurs de développer davantage les ressources québécoises », assure Mme Péclet.
La députée affirme ne pas être contre le raffinage du pétrole, mais prévient qu’il doit bénéficier aux citoyens et que les profits devraient être investis dans les énergies renouvelables. « Le gouvernement veut exporter le pétrole brut pour qu’il soit raffiné en Chine et en Inde, prétextant que nous n’avons pas la capacité de le raffiner ici. Cela soulève beaucoup de questions. En exportant la matière brute, le gouvernement pourrait précipiter le déclin de la pétrochimie. Ces exportations empêcheraient les citoyens de bénéficier de nos ressources et nous devrions racheter le pétrole raffiné aux autres pays », déplore Mme Péclet.
Les résultats
Dans un gouvernement majoritaire, l’opposition n’a pas une grande influence sur les décisions du gouvernement. La députée souligne toutefois « qu’une opposition forte permet de dénoncer les projets de loi. Nous avons besoin de l’appui de la population. Le gouvernement Harper est très arrogant. Il fait un déni de l’opinion des gens, le dossier du registre des armes à feu en est un bon exemple. »
Parmi les victoires du NPD, la députée souligne l’obtention de trois nouveaux sièges pour le Québec aux Communes. « Au départ, le gouvernement ne voulait pas ajouter de sièges pour le Québec alors qu’il en ajoutait pour d’autres provinces, mais nous avons réussi à obtenir un ajout de trois sièges », explique-t-elle.
D’autres victoires ont été remportées par le parti selon la députée : « nous avons déposé une motion d’opposition pour les personnes âgées afin d’augmenter le revenu garanti mensuel de 60 $ par couple. »
Dans les dossiers comme le projet de loi C-10, le Registre des armes à feu et la Commission canadienne du blé, la députée déplore que « les conservateurs limitent le temps de débat à la Chambre des communes en prétendant que puisque nous sommes en crise économique, les décisions doivent être prises rapidement, mais les projets qu’ils font adopter n’ont rien à voir avec la crise. Ce n’est pas de l’efficacité, c’est de la précipitation. Il faut prendre un certain temps pour que les décisions reflètent les intérêts des Canadiens. Grâce aux pressions du NPD, des heures de débats ont été ajoutées et nous avons apporté des amendements. »
La députée
Dans un gouvernement NPD, Mme Péclet aimerait être ministre des Affaires étrangères. « Je sais qu’il y a des personnes qui ont plus d’expérience que moi et que j’ai encore beaucoup à apprendre, mais les élections sont dans quatre ans », confie-t-elle.
Malgré son manque d’expérience parlementaire au lendemain des élections, la députée dit avoir tiré avantage de sa jeunesse : « les jeunes apprennent plus rapidement et être sous-estimé est un avantage en politique. »
Elle affirme d’ailleurs avoir mis les bouchées doubles : « je ne suis pas déstabilisée quand je dois confronter quelqu’un qui a plus d’expérience que moi parce que je travaille deux fois plus fort pour être vraiment préparée. »
« La leçon que je tire de l’année qui vient de se terminer est que les gens doivent entretenir une relation avec les politiciens, car nous ne sommes rien sans les citoyens. Les politiciens ont besoin du support de la population », raconte Mme Péclet.
La députée se considère d’ailleurs comme choyée par ses électeurs : « les gens de l’Est sont très directs, alors ils n’hésitent pas à venir me dire les choses. Ils apprennent à me connaitre. Je me considère comme l’une d’eux et grâce à leur franchise, je connais leurs besoins et ce qu’on peut faire pour eux. »