Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles

Ces cheminées que l’on ne connait pas

Industrie de la métallurgie.

Qui dit « est de Montréal », dit « industries ». Chaque jour les résidents de l’Est passent à côté d’immenses cheminées, mais sait-on vraiment ce que fabriquent ces usines?

Le dernier recensement industriel de la Société de développement économique Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles–Montréal-Est (SODEC RDP-PAT-ME), daté de 2009, avait permis de déterminer que les principaux pourvoyeurs d’emplois étaient les secteurs de la chimie-pétrochimie, qui fournissait 3610 emplois (22 %), suivit de près par la métallurgie, qui fournissait 3440 emplois (21 %) puis, beaucoup plus loin, par le meuble (9 %) et la construction (9 %).

Fait intéressant, bien que les 48 usines de chimie étaient les plus grands employeurs de l’époque, ceux-ci n’étaient pas les plus nombreux puisqu’on dénombrait 156 entreprises métallurgiques sur le territoire et 67 dans le domaine de la construction.

Or, depuis la fermeture de Shell, qui a causé la perte de 450 emplois directs et plusieurs emplois indirects, il est probable que le secteur métallurgique soit maintenant le plus gros employeur du secteur.

Métal : le méconnu

« Les entreprises du secteur du métal sont plus petites et font souvent des choses très précises. Ce sont souvent des sous-traitants qui ont une niche particulière, alors on entend rarement parler d’eux parce qu’ils ne font pas des produits finis qui s’adressent aux consommateurs », explique la directrice générale de la SODEC RDP-PAT-ME, Annie Bourgoin.

La majorité de ces usines est concentrée dans le secteur Rivière-des-Prairies (2034 emplois répartis dans une cinquantaine d’usines), mais on en trouve également quelques-unes à Montréal-Est (13 usines). La concentration de ce secteur dans l’Est s’explique par la présence d’axe de transport : le port de Montréal, les chemins de fer et les autoroutes.

Composé de Xstrata et AIM qui vendent leur matière première à Nexans et Mango, la principale chaîne de cette industrie est celle du cuivre.

Pétrochimie : la flamboyante

Grâce aux raffineries qui ont été pendant plusieurs années le fleuron de l’Est, l’industrie de la pétrochimie est connue. Mais depuis plusieurs années, on assiste à un déclin dramatique de cette industrie. Or, l’espoir persiste notamment avec le renversement du flux de l’oléoduc 9. Rappelons que précédemment, les raffineries de l’est de Montréal étaient alimentées par du pétrole provenant de la mer du Nord, acheminé par bateaux jusqu’à Portland, puis transporté par la ligne 9 jusqu’à destination.

« Le renversement de la ligne 9 offre une source d’approvisionnement différente. Ce que ça change c’est qu’il y a un écart de prix entre les deux sources d’approvisionnement », précise le directeur général de l’Association industrielle de l’Est (AIEM), Dimitri Tsingakis.

Ainsi, le pétrole en provenance de la mer du Nord sera toujours acheminé vers Montréal, mais la ligne 9 permettra de pourvoir la raffinerie en pétrole provenant des sables bitumineux albertains. Cette solution arrive trop tard pour sauver la raffinerie Shell qui a fermé ses portes il y a deux ans exactement, mais selon les experts, elle sera bénéfique pour la raffinerie Suncor. « Le gros du pétrole est utilisé localement », assure M. Tsingakis.

La principale chaîne de l’industrie pétrochimique est celle du polyester, qui comprend Suncor, ParaChem, CEPSA et Selenis, elle emploie près de 900 personnes. Située à Montréal-Est, à l’exception de Suncor (Pointe-aux-Trembles), cette chaine est unique en Amérique du Nord.

TIC : l’émergente

À côté de ces géants industriels, un nouveau secteur plus discret se développe dans l’Est, celui des technologies de l’information et de la communication (TIC). « Elles sont compétitives, mais ce sont de jeunes chefs d’entreprises dynamiques et ils se parlent. Souvent, ils sont à la fois clients et fournisseurs entre eux », raconte Mme Bourgoin.

Mieux connaitre l’industrie

À l’heure où le paysage industriel est en pleine redéfinition, les dirigeants devront prendre des décisions cruciales pour le futur de la région. Pour les éclairer, l’AIEM prépare une étude stratégique sur le « futur industriel » de l’est de Montréal. « Nous voulons connaitre les synergies potentielles. Le but de l’étude est d’identifier quel secteur serait le plus intéressant. Nous en sommes à la première étape soit le montage financier », confie M. Tsingakis.

La SODEC devrait également produire un nouveau recensement dans les prochaines années.

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