« J’étais resté avec le trésorier pour planifier les réjouissances des Fêtes. Lorsque nous sommes sortis, nous avons vu de la fumée qui provenait de l’usine de matelas, nous avons appelé les pompiers, qui avaient déjà été informés de la situation. Heureusement que le centre n’était pas rempli parce que même s’il y a des sorties de secours, ça n’aurait pas été facile », raconte le président du centre, Abdelrhaffar Naim.
Personne n’a été blessé dans l’incendie. Les propriétaires de l’usine Matelas signature ont refusé de commenter.« Vers 2 h 45, nous sommes allés visiter les lieux avec le propriétaire. Même s’il y a peu de dommages matériels, c’est surtout notre programmation des Fêtes qui a écopé », ajoute M. Naim.
Le centre Al-Bayane
De plus en plus d’immigrants en quête de maisons à prix abordable et surtout de tranquillité viennent s’installer dans l’Est, selon M. Naim. D’où la nécessité d’ouvrir le centre communautaire Al-Bayane. Celui-ci s’adresse principalement à la communauté magrébine et une centaine de personnes le fréquentent chaque semaine.
Le centre Al-Bayane est implanté à Montréal-Est depuis 18 mois. « C’est un centre communautaire et non une mosquée, précise M. Naim. C’est sûr que la culture magrébine est automatiquement liée à la religion et nous avons un coin pour la prière, mais il y a plusieurs autres activités », expose M. Naim.
Une relocalisation du centre n’est pas envisagée et les responsables prévoient une réouverture rapide. « Il faut respecter nos voisins. C’est sûr que nous aimerions mieux être dans un quartier résidentiel, mais lorsqu’il y a des activités au centre, il y a beaucoup de voitures garées. Nous ne voudrions pas envahir les rues », reconnait-il.
Le centre est un outil pour permettre l’intégration des nouveaux arrivants. « Les nouveaux arrivants font souvent des erreurs en raison de leur ignorance. Parce qu’ils n’ont pas trouvé de guide pour les aider à s’intégrer. Ce sont un peu comme des enfants adoptés. Les Québécois nous ont ouvert leurs portes et leurs cœurs alors il ne faut pas abuser. Au centre, nous éduquons les nouveaux à connaitre et respecter la société québécoise », explique M. Naim. Al-Bayane est aussi un espace de répit où les gens se retrouvent avec leurs semblables.
Le centre se finance exclusivement par les dons privés et son personnel est entièrement bénévole. « La plupart de nos membres ont une maison, ce qui illustre bien qu’ils sont des membres actifs de la société », précise M. Naim. Une journée portes ouvertes devrait d’ailleurs être organisée sous peu.