Rivière-des-Prairies

Un jeune prairivois exporte son art dans le monde

Un jeune prairivois exporte son art dans le monde
Photo: Clara Loiseau / L'Informateur RDPOutre Chris Brown, Medhi Bousaidan, Princeton Perez, Kalash Criminel, Michael Rainey Jr, Mister V ont également commandé les œuvres de Géraldini Desmornes.

Jeune artiste de 23 ans qui a grandi dans Rivière-des-Prairies, Géraldini Desmornes part à la conquête du monde entier avec ses toiles et ses paires de baskets personnalisées. Rappeurs, acteurs, chanteurs et célèbres Youtubeurs ont entre leurs mains et aux pieds plusieurs des œuvres de celui qui se fait appeler Dino.

Débutant par des portraits réalistes, Géraldini Desmornes se dirige ensuite vers la peinture. Rapidement, les paires de chaussures deviennent son canevas de choix. Son inspiration, il la puise dans les dessins animés qu’il regardait quand il était enfant ou de célèbres personnages, comme Minnie, Mickey, le Joker de Batman ou encore M. Monopoly.

Avec des couleurs éclatantes, difficile d’imaginer que Géraldini est daltonien, mais pour lui « ce n’est qu’un petit détail ». « La peinture, c’était difficile au début, mais j’ai travaillé fort et c’est devenu plus facile après », explique-t-il.

Un ami depuis 16 ans, Garrentz Célestin, raconte que « des fois [il reçoit] un appel de lui en plein milieu de la nuit pour demander si les couleurs vont ensemble ». Une anecdote qui fait rire Géraldini, qui ajoute que sans ses amis, « les œuvres ne seraient pas les mêmes ».

Un rêve qui devient réalité

Presque deux ans après avoir créé son compte Instagram ItsDinoArt, le jeune homme se fait repérer par Chris Brown. L’histoire commence alors qu’il peint un tableau, en regardant en même temps un vidéoclip de l’artiste américain. Sans s’en rendre compte « je dessinais son visage », s’amuse Géraldini Desmornes.

En remarquant la ressemblance, il décide de publier une photo de son œuvre sur Instagram en taguant le rappeur. Peu de temps après, « plus de 250 personnes » avaient également tagué Chris Brown. Quelques jours plus tard, le chanteur contacte Géraldini par message privé pour lui passer une commande. Un coup de pouce énorme pour sa notoriété.

Depuis, les collaborations s’enchaînent, notamment avec le duo d’acteurs The Bell Twins. « Quand je vois tous ces gens qui voient des choses incroyables croirent en moi, c’est juste incroyable, ça me motive encore plus à continuer », soutient le jeune homme. Aujourd’hui, ce sont plus de 7 000 personnes du monde entier qui le suive sur le réseau social.

«Un jeune noir haïtien qui joue au basket, qui commence à faire des dessins, j’aurais pu croire qu’on allait mal me regarder, mais au contraire, tout le monde m’a supporté parce que je suis resté moi-même.»

Géraldini Desmornes, alias Dino.

De la persévérance à revendre

Pendant qu’il est « un peu tanné d’écouter le prof » en cours, il commence à dessiner pour passer le temps. Mais à cette époque, Géraldini Desmornes ne se voyait pas encore faire de carrière dans l’art. Il s’imaginait plutôt comme joueur de basket professionnel. Il commence le basket pendant qu’il va au primaire avec l’organisme Équipe RDP.

Son entraîneur de basket, Lerebson Oscar, se souvient qu’au début le jeune sportif était un garçon « timide et très réservé ». Selon ce dernier, son succès, il le doit à sa « persévérance, mais surtout parce qu’il ne se laisse jamais abattre ». Pendant près de dix ans, il a vu le jeune garçon « s’ouvrir, commencer à sourire et à parler ».

Victime d’intimidation pendant son enfance, Géraldini sait qu’il a « bâtit [sa] confiance et trouvé [son] identité » grâce à ce sport.

Après avoir mis fin à près de dix ans de pratique du basket, le jeune homme recommence à dessiner régulièrement et décide de publier ses œuvres sur internet. En voyant l’un de ses amis lui acheter un portrait pour 15$, il se rend « compte qu’il peut se faire un peu d’argent » avec sa passion.

Rêver en grand pour les autres

D’origine haïtienne, il arrive à Montréal, à Rivière-des-Prairies, avec sa famille à l’âge de six ans. Son avenir, il ne le voit pas sans aider ou supporter sa communauté et les gens de son ancien quartier. « Souvent je dis aux gens que je me vois très riche, ça les fait rire. Mais je ne veux pas faire ça juste pour moi, je veux amener du changement dans ma communauté et je ne peux pas le faire si je n’ai pas les moyens », explique Géraldini.

Outre son rêve de faire « plusieurs collaborations avec de grandes marques et des artistes », il aimerait un jour donner « des ateliers pour initier les jeunes à la customisation », et aider les artistes-peintres du Québec « à faire plus d’argent ».

N’oubliant jamais Rivière-des-Prairies depuis son déménagement à Mascouche, le jeune artiste affirme que s’il monte ce genre de projet, il le réalisera avec Équipe RDP.