Montréal-Nord

Cégep Marie-Victorin : les relations intimes entre enseignants et étudiants maintenant interdites

Cégep Marie-Victorin : les relations intimes entre enseignants et étudiants maintenant interdites
Photo: Clara Loiseau

En plus de la mise en place d’un nouveau mécanisme de dénonciation d’actes de violence à caractère sexuel, la direction du Cégep Marie-Victorin interdit dès maintenant toute relation intime entre employé et étudiant.

Le gouvernement du Québec adoptait en décembre 2017 le projet de loi 151, visant à prévenir et à combattre ce type de violences dans les établissements d’enseignement supérieur. Ces institutions devaient ériger leur politique pour le 1er janvier et avaient jusqu’au 1er septembre 2019 pour l’appliquer. La loi demandait également d’inclure un « un Code de conduite prévoyant les règles qu’une personne, ayant une relation pédagogique ou d’autorité avec un étudiant, doit respecter si elle entretient des liens intimes tels qu’amoureux ou sexuels avec celui-ci ».

L’administration de l’établissement a décidé d’interdire ce type de relation, affirme Céline Chartier, membre du comité pour contrer et prévenir les violences à caractère sexuelles du cégep Marie-Victorin. Ce code proscrit dorénavant toute relation intime entre un employé et un élève. La politique s’étend également au milieu de stages.

Dénonciations

Informer, sensibiliser et former : c’est la nouvelle devise du cégep Marie-Victorin en matière de lutte contre les violences sexuelles. La campagne vient d’être lancée, après plusieurs mois de réflexions.

« On veut que tout le monde sache à quelle porte cogner », explique Mme Chartier.

Par conséquent, une adresse courriel spéciale a été créée pour les étudiants et les employés. Avec sansouicestnon@collegemv.ca, ils peuvent de dénoncer une situation ou déposer une plainte de façon confidentielle.

L’administration souhaite également conscientiser ses élèves, son personnel et les lieux de stage à la notion de consentement. Plusieurs rencontres et séances d’informations seront données pour expliquer et sensibiliser sur les gestes, agissements et paroles qui peuvent amener à une forme de violence à caractère sexuelle.

De plus, tous les élèves assisteront obligatoirement à une formation pendant leur parcours scolaire et les professeurs une fois par an.

Une campagne pour le long terme

Le but ultime de cette nouvelle campagne, c’est qu’étudiant ou employé puisse dire directement à la personne concernée que son comportement pose problème.

« Mais on est encore loin de ça », soutient Mme Chartier.

Pour accompagner ces institutions, la fédération des cégeps et la fédération nationale des enseignants et enseignantes du Québec avaient publié deux guides de recommandations.

Outre ces mémoire, la direction de Marie-Victorin est « allée voir toutes les universités du Québec, mais aussi du Nouveau-Brunswick et à Ottawa pour observer les autres politiques mises en place ailleurs dans le pays », affirme Mme Chartier.

Les premières conférences seront données au courant de l’automne.