Montréal
16:18 16 juin 2020 | mise à jour le: 16 juin 2020 à 19:56 temps de lecture: 3 minutes

RDP: Il faut guérir la «maladie du racisme»

RDP: Il faut guérir la «maladie du racisme»
Photo: Pablo Ortiz/Métro

Dans la foulée du dépôt du rapport de consultation publique sur le racisme systémique à Montréal, des voix s’élèvent à Rivière-des-Prairies pour dénoncer la discrimination.

Pour Pierreson Vaval, directeur de l’organisme Équipe RDP, il ne fait aucun doute que le racisme systémique est présent à Montréal. Trop souvent, il a été témoin ou victime de discrimination

«On a perçu des traitements différents parce qu’on était des gens de couleur, on sent que les gens ont peur de nous ou ne sont carrément pas intéressés à travailler avec nous, on voit des gens qui ne nous traitent pas de la même manière, on s’est fait interpeller de manière injuste par des policiers», énumère-t-il.

Le dernier rapport de l’Office de consultation publique de Montréal fait notamment état de discriminations systémiques à Rivière-des-Prairies.

«Des situations qui semblaient être des enjeux de profilage de jeunes à Rivière-des-Prairies, mais qui, en fait, pourraient être des problèmes d’aménagement urbain et de logement avec de profonds impacts sur la dynamique sociale», illustre l’OPCM.

Selon une étude universitaire se basant sur des interpellations du Service de police de Montréal, une personne à la peau noire a trois fois plus de chances de se faire interpeller à Rivière-des-Prairies qu’un caucasien.

Une question fondamentale

Dans ce secteur multiculturel du nord-est de Montréal, la sensibilité aux questions du racisme et de la discrimination est indéniable.

«Il faut accepter qu’on a une maladie, c’est celle du racisme.» -Pierreson Vaval, directeur d’Équipe RDP

Le quartier fut récemment le théâtre d’un rassemblement à la mémoire de George Floyd, cet Américain victime d’homicide lors d’une intervention policière. Une manière pour «les minorités de parler d’une voix et dans un contexte dans lequel elle sera entendue», selon M. Vaval.

«Du travail a été fait, mais il en reste à faire», pense Nathalie Pierre-Antoine, conseillère d’arrondissement.

Ne pas nier le racisme

Pour lutter contre les discriminations et le racisme, le premier ministre François Legault a annoncé la création d’un groupe d’action.

Nathalie Pierre-Antoine y voit un geste politique. Selon elle, il aurait fallu que des personnes de la société civile y prenne part, d’autres partis politiques. «C’était un moment pour que ce soit apolitique», regrette-t-elle.

Pierreson Vaval, de son côté juge cette volonté de «un premier pas en avant» mais trouve Québec «plus timide» dans son approche.

«C’est un thème qui soulève plusieurs craintes qui ne devraient pas l’être, on a l’impression que lorsqu’on parle de racisme la population va se sentir visée», explique-t-il. Mais il en est sûr: «Le Québec est une société progressiste qui va de l’avant.»

Pour Nathalie Pierre-Antoine, la solution contre les discriminations réside aussi dans la mise en place des mesures concrètes « avec des objectifs précis et des obligations de résultats » pour l’accès à l’emploi pour tous, sans distinction.

Selon elle, malgré les chartes et autres rapports, «il n’y a aucune reddition de compte», ce qui fait que la volonté de diversité dans les administrations, les conseils municipaux et les entreprises « restent des vœux pieux».

«On ne peut pas nier que cette problématique existe (…) il faut accepter qu’on a une maladie, c’est celle du racisme», conclut Pierreson Vaval.

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