Montréal
05:00 30 janvier 2021 | mise à jour le: 1 février 2021 à 10:13 temps de lecture: 3 minutes

Masques chirurgicaux: le casse-tête du recyclage

Masques chirurgicaux: le casse-tête du recyclage
Photo: Anouk Lebel/Métro MédiaCloé Desrochers s’inquiète des conséquences de jeter les masques à la poubelle.

Ce sera tout un casse-tête pour le Collège St-Jean-Vianney de se départir de la manière la plus écologique possible des deux masques chirurgicaux par jour que doivent porter ses élèves depuis le 18 janvier.

Deux masques par jour, 1280 élèves, cela fait plus de 12 800 masques chirurgicaux par semaine, sans compter ceux des quelque 150 membres du personnel.

Cloé Desrochers, élève de quatrième secondaire, comprend l’importance du port du masque pour la santé.

Elle craint néanmoins de voir les composés plastiques de tous ces masques bleus dans la nature, en plus des autres déchets.

«Ça me décourage de penser à ce qu’on va trouver dans les eaux, par terre et sur les plages», confie l’adolescente, membre du comité environnement de l’établissement d’enseignement privé situé à Rivière-des-Prairies.

«Si on a trouvé un vaccin en moins d’un an, je ne peux pas croire qu’on ne peut pas trouver une solution pour les masques», souligne-t-elle avec confiance.

«On n’a pas d’excuse, ça fait un an qu’on sait c’est quoi la COVID et qu’on y fait face. Maintenant, il faut penser à l’environnement.» – Cloé Desrochers, élève au Collège St-Jean-Vianney

À la recherche d’une solution

La direction du Collège cherche depuis l’automne une solution pour se départir des masques chirurgicaux.

«Il y a une certaine pression, des élèves et des parents», indique le directeur général, Éric Deguire.

Avec l’aide d’experts, il a évalué les possibilités offertes par quatre entreprises citées dans un document de Recyc-Québec envoyé aux écoles.

«Il n’y a rien d’idéal», déplore-t-il. Deux de ces entreprises, MultiRecycle et Sanexen, font de la revalorisation énergétique, c’est-à-dire que les masques sont brûlés pour en faire du carburant alternatif.

La troisième, Medsup, sépare les matières les barrettes nasales, plastiques et élastiques. Certains matériaux sont envoyés dans des centres de tri, mais tous. «Les cordons sont entreposés, ils ne savent pas quoi faire avec», explique M. Deguire.

La quatrième, TerraCycle, avait déjà été exclue par le Collège à l’automne. Car une fois brûlés, les masques étaient acheminés en Illinois.

Le Collège attend les recommandations de Québec pour voir comment il disposera des masques à la fin de l’année scolaire.

«On va les entreposer dans des boîtes en attendant», mentionne M. Deguire.

Pas conçus pour être recyclés

Il en coûterait environ 50 000$ pour 1500 élèves pour le traitement des masques, selon Recyc-Québec.

Le ministère de l’Éducation a évoqué que les coûts encourus par les écoles seraient remboursés.

Le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets estime qu’il s’agit d’une très mauvaise façon d’investir l’argent public.

C’est qu’à ce jour, aucune entreprise québécoise ne propose une solution plus écologique que l’enfouissement, selon le directeur général, Karel Ménard.

«Les masques bleus qu’on donne dans les écoles, ce ne sont pas des masques qui ont été conçus pour être recyclés», fait-il remarquer.

Selon lui, le gouvernement aurait pu évaluer d’autres options que commander des milliers de masques jetables, notamment développer un couvre-visage réutilisable homologué par la Santé publique.

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