Rivière-des-Prairies

Agression de deux agents de la paix au centre de détention de RDP

Photo: Archives Métro

À 9h55 jeudi matin, deux agents de la paix en service correctionnel du centre de détention de Rivière-des-Prairies ont été agressés par plusieurs détenus, dans un secteur sécuritaire du bâtiment.

Contacté par Métro, le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie, confirme que plusieurs «membres de gangs de rue» sont à l’origine de ces agressions.

Les deux agressions se sont déroulées dans le secteur «S2 haut droit» du centre de détention. Un secteur hautement dangereux et classé «sécuritaire», où sont détenus des membres et présumés membres de gangs de rue.

C’est dans le cadre de la distribution de cantine que les deux agressions ont eu lieu, relate M. Lavoie. «L’une des personnes instigatrices a fait usage d’un téléphone du secteur qu’il n’était pourtant pas autorisé d’utiliser. C’est lors de l’intervention de l’agent que l’altercation s’est déroulée», explique-t-il.

L’un des deux agents a été victime de plusieurs blessures au visage. Le second aurait subi une commotion cérébrale, selon les informations transmises par le président du syndicat. Les deux agents en question sont toujours aux urgences.

Mathieu Lavoie croit qu’il fallait s’attendre à un tel scénario. «On en parle depuis plusieurs mois; il y a une augmentation des violences verbales et physiques dans plusieurs établissements au Québec.»

Sylvain (nom fictif), agent de la paix en service correctionnel à RDP présent jeudi, témoigne d’un niveau de violence inégalé au sein du centre. «Le secteur était déjà sous haute tension avant que l’altercation ne survienne», raconte-t-il.

«Un manque de volonté»

M. Lavoie pointe du doigt le «manque de volonté» de la part du gouvernement québécois. Les dernières négociations d’avant les Fêtes n’ont rien donné, déplore-t-il.

«Nous avons même quitté la table des négociations devant un tel manque de reconnaissance de leur part», affirme le président.

Face à l’ampleur de la situation, le syndicat somme le gouvernement d’agir «pour la sécurité de nos établissements et de nos employés».

Le service correctionnel est complètement oublié, il est grand temps que le gouvernement prenne ses responsabilités.»

Mathieu Lavoie, président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ).

Le problème de recrutement et de rétention des employés sont aggravés par les cas de COVID-19 qui s’ajoutent jour après jour, rappelle le président du syndicat.

Le Québec compte actuellement près de 700 postes vacants ou de maladies de longue durée dans ses centres de détention. À Rivière-des-Prairies, cela représente près de 20% du personnel.

Le SAPSCQ-CSN a enregistré en 2021 près de 100 démissions et plus de 70 départs à la retraite au Québec.

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