Rivière-des-Prairies
20:02 12 février 2013 | mise à jour le: 12 février 2013 à 20:02 temps de lecture: 3 minutes

Sanimax : des citoyens « tannés » des odeurs

Depuis quelques mois, un comité de citoyens de Rivière-des-Prairies se mobilise pour demander à l’entreprise Sanimax, qui traite les carcasses d’animaux, de cesser d’empuantir le voisinage. L’entreprise, de son côté, reconnaît que des odeurs peuvent incommoder certains citoyens, mais elle affirme que tout est fait pour favoriser la bonne cohabitation avec ses voisins.

« Quand j’étais petit, on s’en foutait [de Sanimax], c’était loin. Mais maintenant que je suis déménagé là, c’est horrible », confie Roberto Molinaro, l’un des instigateurs de la Rivière-des-Prairies Clean Air Community.

« En juin, juillet, et août, c’était épouvantable, ajoute-t-il. Le seul jour que tu pouvais sortir, c’était le dimanche après-midi, alors que c’est fermé. »

M. Molinaro a surtout peur pour sa santé et celle des enfants. « On a peur de l’odeur. Est-ce que dans 20 ans, tout le monde va avoir le cancer à cause de Sanimax? », se demande-t-il.

Même cri d’alarme du côté de Michal Muldoon, un citoyen membre du regroupement. « Il y a au-dessus de 1000 maisons à l’intérieur d’un rayon de 1 km autour de Sanimax, estime-t-il. Ça affecte beaucoup de monde. »

Investissements

Pourtant, l’entreprise en place depuis les années 1950, donc bien avant que les résidences ne poussent comme des champignons dans le secteur, évalue à 25 M$ les investissements consentis depuis 10 ans pour moderniser son complexe et celui situé à Charny, en banlieue de Québec.

Stéphane Perrault, porte-parole pour l’entreprise, note comme changements majeurs le déchargement des camions qui se fait désormais entre quatre murs, et non plus à l’air extérieur.

L’usine est aussi ceinturée de buttons, ce qui évite la dissémination des odeurs. Un « système d’injections d’huiles » a même été mis en place pour masquer les odeurs.

Cela ne semble pas être suffisant pour le regroupement citoyen, qui préférerait, comme avancée majeure, que les camions qui transportent les carcasses soient réfrigérés.

« Partout en Europe, les règles sont très, très sévères envers ces compagnies-là. Elles doivent avoir des camions réfrigérés, elles doivent laver leurs camions après, elles doivent régler la température, mentionne M. Molinaro. On veut qu’ils importent les standards européens. »

« À notre connaissance, dans l’industrie de l’équarrissage, ce n’est pas utilisé », répond, incrédule, M. Perrault à propos des camions réfrigérés.

Comité de vigilance

Le porte-parole indique que l’entreprise est prête à faire d’autres efforts pour faciliter la vie des citoyens. Un comité réunissant des citoyens et des élus se rencontre d’ailleurs quatre fois par année afin de discuter de ce genre de problèmes.

Or, soutiennent les membres du regroupement citoyen, ce comité ne sert à rien. « Je veux des résultats, et eux, ils jasent d’autres choses, déplore M. Molinaro. J’ai mentionné plusieurs fois que c’était une perte de temps. »

« On est conscients que tout le monde voudrait que ça aille toujours plus vite, rétorque M. Perrault. Mais qu’est-ce que vous voulez? On a quand même fait des investissements importants. »

Les citoyens peuvent porter plainte à l’entreprise durant les épisodes de mauvaises odeurs en signalant le 514 648-1083.